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Une ville à boire, s’il-vous-plaît !

Illustration © Mathieu Plasse
Illustration © Mathieu Plasse

Par Caroline BOURBONNAIS

Québec, cette pétillante capitale, est remplie de qualités et ponctuée de quelques défauts, ce qui fait en sorte que chacun se la représente à sa manière. Et si cette ville était à boire, quels seraient ses arômes, sa couleur, sa robe, ses surprises ?

Bazzart a demandé à Pierre-Antoine Tremblay, directeur des ressources humaines et responsable du volet environnemental de la micro brasserie artisanale La Barberie — mais surtout amant fini du houblon — de répondre à cette question quelque peu délicate.

Il est d’emblée séduit par le défi de trouver LA bière qui incarnerait l’image qu’il se fait de sa ville d’adoption et, après mûre réflexion, tranche pour une candidate répondant au nom de Fille du Roy.

Avec son goût explosif, non dénué d’un petit côté bonbon et sa belle robe blonde, c’est la bière de la situation. Parce que Québec explose d’activités, d’événements de toutes sortes, de concerts, d’expositions, de gens allumés… en un mot : de vie ! Elle garde néanmoins un petit côté plus quétaine (le penchant bonbon) que partage la ville avec toutes ses promenades en calèche dans le Vieux-Québec et sa vue si romantique de la terrasse Dufferin, sans oublier le monumental Château Frontenac.

Elle n’a pourtant rien d’une touriste, cette belle blonde. Elle est même pure laine. En effet, c’est tout récemment qu’a été lancée la malterie Frontenac, la toute première au Québec. Notre Fille du Roy a donc pu voir le jour ici, à partir d’orge 100 % québécois, grâce à cette entreprise de Thetford Mines qui produit du malt pour les micro brasseries s’étendant sur l’est de l’Amérique du Nord. Qu’elle soit québécoise de souche n’est d’ailleurs pas sans ironie, compte tenu de l’origine française des réelles Filles du Roy, envoyées ici au XVIIe siècle pour repeupler une Amérique française un peu trop masculine.

Retournons à notre houblon. Le malt de notre bière est dépourvu d’additif, préservant du coup son côté nature qui rend hommage à la simplicité de la vie ici. Pourtant, son goût n’en est pas moins soutenu, sans être trop prononcé toutefois. Bref, elle reste simple et accessible à tous. À ce propos, M. Tremblay ne peut retenir une comparaison avec sa ville d’origine : « À Montréal, tu es beaucoup plus anonyme, alors qu’ici, les gens veulent se connaître, se faire reconnaître », dit-il, un petit sourire en coin. Après avoir fait connaissance avec la Fille du Roy, elle ne vous laissera certainement plus indifférent !

Explosive, côté bonbon, portant jolie robe… la Fille du Roy est une bière festive qui tombe à point. Quant à savoir si elle fera augmenter le taux de natalité à Québec… commençons par succomber à son charme, en espérant que son père nous laissera réitérer ces rendez-vous galants. ■

Cœur de mailles