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Tant que nous aurons l’oeil

Antonio De Braga et Frédérik Lévesque travaillant sur un contrat de maquette dans l’atelier de menuiserie. Photo Audrey Careau
Antonio De Braga et Frédérik Lévesque travaillant sur un contrat de maquette dans l’atelier de menuiserie. Photo Audrey Careau

Partenaire : L’ŒIL DE POISSON

Antonio De Braga et Frédérik Lévesque travaillant sur un contrat de maquette dans l’atelier de menuiserie. Photo Audrey Careau

Vue de l’exposition Sampler Jocelyn Robert réalisée par Mériol Lehmann, Frédérique Laliberté et Simon Paradis-Dionne. Ce projet a été commissarié par OscarIndia Romeo et présenté dans l’entrée vidéo du 3 mai au 2 juin 2013. Photo Mériol Lehmann

Vue de l’exposition Always Somewhere Else de Robert Taite, présentée du 10 janvier au 9 février 2014 dans la grande galerie. Photo Ivan Binet

C’est avec le regard tourné vers l’avenir que la directrice de l’Œil de Poisson, Caroline Flibotte, décrit l’organisme qui soufflera ses 30 bougies sous peu. Le centre d’artistes, situé dans la coopérative Méduse, est un lieu où l’esprit d’expérimentation et de recherche en arts visuels oriente les choix depuis ses débuts. À ce jour, l’heure est résolument aux actions futures et aux nouveaux défis.

« C’est un endroit extraordinaire! », lance spontanément Caroline Flibotte à propos de l’Œil de Poisson qu’elle dirige depuis 2005, mais qu’elle fréquente depuis la fin des années 90. La foi en la pertinence de son organisme est aussi présente que ses bons mots pour le décrire. De toute évidence, elle aime cet univers. Elle travaille d’ailleurs activement à le faire connaître et s’applique à y développer des activités diversifiées.

L’Œil de poisson est membre de la Coopérative Méduse qui regroupe, dans un immeuble du centre-ville, dix organismes œuvrant dans différents secteurs des arts. Pour l’Œil de Poisson, cette appartenance a eu une incidence marquante sur son développement. « Nous sommes privilégiés d’occuper un lieu de la sorte. Et, de plus en plus, nous travaillons en collégialité avec les autres. L’Œil est avant tout un espace de réflexions et d’échanges, comme en témoignent nos projets », résume la directrice de l’organisme comptant quelque 150 membres, âgés de 20 à 75 ans.

Les initiés savent que ce centre de diffusion et de production en art actuel existe depuis 1985. D’abord consacré uniquement à la photographie, il vise maintenant à soutenir la diversité des pratiques, d’où l’utilisation du terme « multidisciplinaire » pour le décrire.

Encore cette année, la programmation prouve cette multiplicité avec des expositions en galerie, des résidences de recherche ou de production, des rencontres avec des artistes de différents horizons, des conférences, des services-conseils, du soutien technique ainsi que quelques projets extra-muros. Paryse Martin, Heidi Kumao, Robert Taite, Diane Morin, Péio Éliceiry, David Lafrance, Mario Doucette et Josiane Roberge sont quelques-uns des artistes qui marquent 2013-2014.

Regard sur les souhaits de l’Œil

Pour les années à venir, l’objectif de l’équipe de l’Œil de Poisson s’inscrit dans la constance, soit celle de continuer à soutenir le plus intensément possible les artistes avec qui elle travaille. L’amélioration des conditions des artistes, par exemple l’augmentation des cachets, est un objectif important, voire une préoccupation constante. Tout comme le désir de demeurer un tremplin signifiant pour les artistes de la relève, qui se traduit par un espace privilégié pour celle-ci dans l’ensemble de ses activités. Remettre annuellement le prix Tomber dans l’Œil à un finissant du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval et, dorénavant, à un étudiant à la maîtrise est un geste qui a des répercussions à la fois chez les jeunes artistes et dans le milieu culturel de Québec.

Autres objectifs poursuivis : offrir davantage de résidences et arriver à sortir l’art des murs de l’Œil de Poisson, un travail déjà amorcé. Takwakin sans maux, une soirée de performances présentée l’automne dernier dans l’aire de repos de la coopérative Méduse, au coin des côtes d’Abraham et Sainte-Geneviève, constitue un bel exemple d’action qui a suscité des réactions instantanées. Les projets de création réalisés en milieu rural, soit à Deschambault-Grondines ou à Saint-Casimir, ont sorti l’Œil de sa zone de confort. Par ailleurs, un projet sur la route devrait se concrétiser sous peu, en collaboration avec des collègues du centre d’art et de diffusion Clark de Montréal.

Dans un monde idéal, Caroline Flibotte aimerait aussi que la communauté artistique prenne davantage la parole, se mobilise et se positionne sur des enjeux d’actualité. Elle songe aux façons d’inciter cette collectivité à poser des actions en période d’élections ou à tout autre moment. Après tout, les artistes ont des outils extraordinaires pour exprimer à la fois leurs idées et la nécessité de laisser une place aux arts visuels dans une société.

L’Œil de Poisson a d’ailleurs organisé, il y a quelques mois, son premier lac-à-l’épaule en rassemblant une vingtaine de personnes souhaitant réfléchir au positionnement du centre pour les prochaines années. Selon Caroline Flibotte, l’activité a confirmé le dynamisme qui anime la communauté et a certifié le rôle primordial de l’Œil sur la scène artistique. Avec son regard singulier sur le milieu, l’organisme porte assurément bien son nom.

Vue de l’exposition Sampler Jocelyn Robert réalisée par Mériol Lehmann, Frédérique Laliberté et Simon Paradis-Dionne. Ce projet a été commissarié par OscarIndia Romeo et présenté dans l’entrée vidéo du 3 mai au 2 juin 2013. Photo Mériol Lehmann
Vue de l’exposition Sampler Jocelyn Robert réalisée par Mériol Lehmann, Frédérique Laliberté et Simon Paradis-Dionne. Ce projet a été commissarié par OscarIndia Romeo et présenté dans l’entrée vidéo du 3 mai au 2 juin 2013. Photo Mériol Lehmann
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