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Survol du mouvement des plasticiens dans l’histoire de l’art au Québec

En haut : Guido Molinari, Espace orange-bleu, 1964, acrylique sur toile, 206 x 274,5 cm. Coll. MNBAQ, don de Guy Molinari (2009.236) Photo : MNBAQ, Idra Labrie
En haut : Guido Molinari, Espace orange-bleu, 1964, acrylique sur toile, 206 x 274,5 cm. Coll. MNBAQ, don de Guy Molinari (2009.236) Photo : MNBAQ,
Idra Labrie

C’est au milieu des années 1950 qu’émerge, à Montréal, le mouvement pictural des Plasticiens, en réaction à un fort engouement pour les Automatistes. Ces derniers forment un autre courant avant-gardiste montréalais dominé par Paul-Émile Borduas, fondé au début des années 1940.

Dans l’histoire de la peinture québécoise, le mouvement des Plasticiens, associé à la période 1950-1970, réfère à trois groupes distincts et complémentaires, soit les Plasticiens – dits les premiers Plasticiens –, les seconds Plasticiens et les post-Plasticiens. À travers ce courant, l’expression du ressenti et du vécu du peintre s’estompe au profit d’une recherche privilégiant la couleur et les formes géométriques comme éléments structurants.

Ce sont les Plasticiens originels, correspondant au premier groupe, qui lancent ce mouvement par la publication du Manifeste des Plasticiens, en 1955. Rédigée par le peintre et critique d’art Rodolphe de Repentigny (alias Jauran) et contresignée par Louis Belzile, Jean-Paul Jérôme et Fernand Toupin, cette proclamation rejette la spontanéité prônée par les Automatistes pour une abstraction géométrique, déjà développée dans les villes de Paris et de New York. Les artistes signataires affirment s’attacher aux faits « plastiques » : tons, textures, couleurs, formes et lignes, mais aussi, aux rapports entre ces éléments.

À partir de 1956, les peintres Guido Molinari et Claude Tousignant ouvrent la voie à une géométrie plus rigoureuse dans les œuvres et présentent des tableaux hard-edge, c’est-à-dire caractérisés par des formes géométriques nettement délimitées, présentant des surfaces régulières et des couleurs pures. Avec eux, Louis Belzile, Fernand Toupin et Fernand Leduc poursuivent les recherches en abstraction géométrique. On associe également Denis Juneau et Jean Goguen à ce deuxième groupe des Plasticiens. Ces artistes participent, en 1959, à l’exposition Art abstrait à l’École des beaux-arts de Montréal. Cette exposition marquante est entièrement vouée à l’abstraction géométrique que l’on proclame, à cette époque, l’art du futur.

Dès le début des années 60, les artistes Guido Molinari, Claude Tousignant, Yves Gaucher et Charles Gagnon sont considérés comme les post-Plasticiens, en raison de leur apport respectif dans l’affirmation d’une approche singulière de la peinture abstraite. Bien qu’ils ne forment pas véritablement un groupe, ces artistes se rassemblent autour d’un intérêt commun pour l’espace vibratoire et la dynamique de la couleur. Ils révèlent ainsi une peinture qui joue parfois avec les illusions d’optique et qui déstabilise le regard du spectateur. Véritables figures de proue, ces quatre artistes exposent sur la scène internationale, notamment aux États-Unis.

C’est finalement avec la vague postmoderniste des années 1970 que l’impact du mouvement plasticien perd de l’ampleur dans l’évolution de la peinture au Québec.

Cœur de mailles