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Le fabuleux parcours d’Emily Lewis

Photos Emily LEWIS
Photos Emily LEWIS

Intéressée par la sculpture, Emily Lewis étudie à la Nova Scotia College of Art and Design University (NSCAD) à Halifax, où elle découvre l’art du bijou. Diplôme en poche, Emily Lewis s’installe à Québec et loue un atelier dans Limoilou avec l’artiste Marie-Hélène Bélanger. Elles y offrent des formations sur des techniques différentes de celles enseignées au Québec.

En 2010, avec l’aide du Centre local de développement de Québec, elles mettent sur pied le STUDIO METHOD(E) qui propose aujourd’hui sa propre ligne de bijoux. Emily Lewis devient entrepreneure par défaut, le tout pour faire vivre son art.

La relation avec la matière stimule la créativité de l’artiste néo-écossaise. Ses bijoux de cuivre sont enduits d’une couche de peinture sous forme de poudre électrostatique, un procédé appelé communément le powder coating qui est beaucoup plus durable que la peinture régulière. « Ces temps-ci, je travaille le papier mâché et les cheveux synthétiques. J’ai aussi travaillé avec de fausses dents en porcelaine que j’ai même réutilisées récemment dans une pièce ». Emily Lewis travaille principalement avec des matériaux recyclés, dont le cuivre qu’elle récupère de vieux fils électriques reçus ou même trouvés dans des ventes-débarras. « Pour les autres, ces bouts de fils n’ont aucune valeur, mais moi, je les transforme en bijoux. »

C’est surtout par souci écologique qu’Emily travaille avec des matériaux recyclés. « Je travaille très peu avec des métaux précieux neufs. Les industries minières sont des plus polluantes et souvent, elles manquent de conscience sociale. Ce que j’utilise n’a pas un grand impact et me permet de vivre et de travailler avec une certaine éthique. »

Et le bijou contemporain, dans tout ça? Même si Emily est associée à la communauté du bijou contemporain, les derniers mois ont surtout été consacrés à la création pour le STUDIO METHOD(E). Chacune de ses confections est unique, mais le travail pour le studio reste répétitif. Elle ressent maintenant le besoin de retourner vers sa véritable passion : ses mini-sculptures pour le corps que peuvent être les bijoux contemporains. « Il reste intéressant de produire des modèles confortables et rapides à faire, mais je veux pouvoir créer des œuvres uniques pour des expositions. Je souhaite aller de plus en plus vers des pièces qui ne sont pas des produits comme tels. » Mais puisqu’il faut bien vivre, le prochain défi reste de trouver l’équilibre entre les deux.

  1. Cages, boucles d’oreille, 2014. Cuivre, poudre électroplastique, feuille d’or, acier chirurgical.
  2. Cercles, broches, 2014. Cuivre, poudre électroplastique, acier inoxydable, perles.
  3. Cannettes, broches, 2014. Cannettes d’aluminium, cuivre, fil de coton, poudre électroplastique, feuille d’or, acier inoxydable.
Cœur de mailles