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Soirée d’ouverture réussie

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6e édition du Festival de cinéma de la ville de Québec

La fête battait toujours son plein au moment où les présents mots s’écrivaient. Une foule nombreuse s’est rassemblée pour célébrer l’ouverture du FCVQ dans les locaux qui seront bientôt Le Diamant de Robert Lepage. Ambiance jazz, photobox disponible, bar accueillant et divans confortables : les invités de marque et le grand public se côtoyaient dans ce bel espace. Les comédiens et les producteurs de Pays (Chloé Robichaud), présenté au Palais Montcalm en ouverture de festival, célébraient cette première présentation en sol québécois. BAZZART était sur place pour prendre le pouls de cette première projection.

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Pays raconte l’histoire de trois femmes évoluant dans le monde politique. L’intrigue, réaliste, ressemble aux nouvelles que nous pouvons lire dans les journaux ces temps-ci : deux gouvernements négocient des conditions pour l’exploitation d’une ressource naturelle. Les enjeux sont majeurs.

Les comédiens sont bien choisis. Attardons-nous aux trois personnages principaux. Il y a d’abord Danielle (Macha Grenon), la présidente de Besco, pays fictif de 110 000 habitants et petite île indépendante située aux alentours de Terre-Neuve, dont l’économie est basée sur l’exploitation minière et la pêche. Il y a ensuite Félixe (Nathalie Doummar), jeune élue de 25 ans qui cherche sa place à la suite d’une élection qu’elle n’a pas vue venir. Et finalement, Emily (Emily VanCamp), la médiatrice qui a le mandat de faire en sorte que Besco et le Canada arrivent à une entente de développement économique. L’interprétation est en général très bien. Par contre, le ton des dialogues peut parfois manquer de naturel; on sent le texte derrière les paroles. Mais ce n’est pas suffisamment flagrant pour faire complètement décrocher l’auditeur. Soulignons la performance chantée de Nathalie Doummar qui a suscité l’admiration des spectateurs : l’auditoire a spontanément applaudi.

Ces trois femmes, apprend-on par la bouche d’une collègue questionnée entre deux gorgées de bière dans l’ambiance jazz de la soirée d’ouverture, incarne chacune une phase de la recherche identitaire personnelle et professionnelle des personnages : l’exploration, l’affirmation (ou le cheminement) et l’accomplissement. Ces trois phases sont également codées dans les comportements des personnages.

À propos du jazz… La musique du film a été composée par Simon Bertrand, pianiste jazz de Montréal. Le jazz contemporain donne un ton tout à fait pertinent à l’environnement hostile et franc de cette région. C’est un bon choix.

S’il y a quelques commentaires ou critiques à faire, ce serait surtout au niveau des techniques ou du langage cinématographique utilisé. La réalisatrice semble s’être octroyée une grande liberté quant à l’utilisation de la profondeur de champ et du floue. L’utilisation du mouvement caractéristique de la caméra à l’épaule peut avoir sa pertinence, mais semblait semer le scepticisme au sein de certains spectateurs. Certains ont d’ailleurs préférés laisser décanter 24 heures leurs impressions avant de se prononcer, ne partageant pas d’office leur enthousiasme. Difficile alors de dire si l’opinion publique penchera du côté de la maladresse ou alors d’une expérimentation réussie. Soulignons tout de même une influence intéressante venant du Web.

Dans tous les cas, les comédiens qui ont eu la chance de faire partie de cette production sont unanimes :  cette jeune réalisatrice est particulièrement bien « groundée » et elle a une vision claire d’où elle veut nous emmener. À suivre de près.

 

 

Cœur de mailles