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Själsö : L’art entre les mains

Le livre Själsö paru aux édition VU. Crédit : Vu photo
Le livre Själsö paru aux édition VU. Crédit photo : Vu photo

C’est lors d’une résidence de 88 jours sur l’île de Gotland en 2013 que la photographe Sara A. Tremblay a pu documenter la nature et les environs du petit village de Själsö. En collaboration avec Vu photo, elle publiait au début du mois d’octobre un livre photographique témoignant de son séjour sur l’île suédoise.

Depuis près de deux ans, Vu photo met de l’avant l’utilisation du livre photographique comme un médium de diffusion à part entière. Cet « espace de création » permet de rendre accessible une grande quantité d’images tout en prenant peu de place.

Ce type de parution octroie au regardeur un rapport spécial aux objets d’art puisqu’il peut manipuler, en quelques sortes, les images et ainsi se les approprier. De plus, le faible montant à débourser pour se procurer une série complète d’œuvres confinée dans un livre donne la chance à tous de se procurer de l’art sans payer le prix d’un grand format.

C’est donc par cette voie que Sara A. Tremblay, qui vit et travaille à Montréal, a décidé de présenter des images issues de la résidence offerte par la fondation Brucebo Fine Art.

Rangée méticuleusement dans un livre de petit format, la série de photo Själsö force dès le départ un rapprochement entre l’objet et le regardeur. En manipulant le recueil et en étant forcé de le consulter de très près, celui qui le possède développe rapidement un rapport intime avec les images.

Intimité que l’on retrouve également dans les thèmes abordés par l’artiste. Dans cette série photo de style bord de mer se succèdent des natures mortes portant la trace du passage humain. Malgré la quasi absence de portraits ou d’objets fabriqués, on sent une présence impalpable que l’on retrouve dans l’organisation volontaire d’objets. Certains motifs récurrents, comme des assemblages symétriques de galets ou encore des compositions de branches mortes méticuleusement arrangées rythment la lecture tout en laissant apparaitre l’existence d’une personne sans jamais la dévoiler.

Pour compléter cet ouvrage qui nous transporte dans un univers visuel cohérent, deux textes d’auteures ont été placés à sa fin. Le premier, signé par Anne-Marie Proulx, décrit de manière très poétique les sujets et motifs dépeints par madame Tremblay. Le second porte quant à lui sur l’imaginaire convoqué par l’espace singulier qu’est l’île de Gotland. Écrit par l’artiste Véronique Laperrière M., Le sortilège des seuils s’inspire du séjour qu’elle a elle-même fait là-bas en 2012.

Dans son ensemble, Själsö est empreint de douceur et de calme. Les images font le constat d’une langueur insulaire et bucolique renforcée par le choix du noir et blanc. Par le médium, le format et les thèmes abordés, les éditions VU et Sara A. Tremblay réussissent à créer un espace unique de diffusion de l’art en plus de faire voyager le lectorat dans un imaginaire champêtre et presque inhabité.

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