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Retour sur les bancs d’école

Album de finissants est une production de Matériaux Composites et de Pirata Théâtre qui met en scène un choeur d'élèves du secondaire ainsi que cinq comédiens professionnels. (Crédits : Marie-Eve Fortier)
Album de finissants est une production de Matériaux Composites et de Pirata Théâtre qui met en scène un choeur d’élèves du secondaire ainsi que cinq comédiens professionnels. (Crédits : Marie-Eve Fortier)

 

L’adaptation théâtrale d’un texte Mathieu Arsenault était présentée, du 17 au 21 janvier dernier, au Théâtre Périscope. Mettant en scène cinq comédiens professionnels, Albums de finissants donne également la chance à des jeunes du secondaire de participer à la production.

À Québec, des jeunes de cinquième secondaire de l’école secondaire Joseph-François-Perrault et du collège Champigny ont ainsi composé, en alternance, le chœur de la pièce. Ayant travaillé pendant 35 heures en collaboration avec les professionnels, les adolescents ont ainsi pu jouer la pièce qui parle d’eux-mêmes.

Sans s’adresser uniquement aux adolescents et ne se rapprochant pas du spectacle « pour ados » à proprement dit, Albums de finissants traite de l’adolescence et du milieu scolaire qui les entoure. Présenté en « période », le spectacle se moque de la routine scolaire et du système qui le régit. Tout y fait référence et rien n’y échappe.

Les jeunes y performent une chorégraphie complexe et rythmée dans laquelle on sent l’influence des gestes appris dans la salle de classe. Mains levées, copies rendues et sommes piqués sur un bureau deviennent mouvements de danse répétés. Le chœur n’est pas accessoire ou parure, il donne le ton au texte et soutient entièrement la pièce.

Mise en scène par Anne-Sophie Rouleau assistée de Michelle Parent, la pièce est à mi-chemin entre le théâtre et la danse. Leur projet d’adaptation du texte a été diffusé pour la première fois en 2014. Avant la représentation de Québec, elles avaient déjà travaillé avec 10 différents chœurs d’adolescents. Perrault et Champigny représentent quant à eux les 11e et 12e groupes d’élèves se joignant au projet.

Si les écrits de monsieur Arsenault sont généralement livrés par les comédiens professionnels, les jeunes ont également leur mot à dire.  Placés derrière leur pupitre, ils auront, chacun, un tour de parole.

En plus des cinq représentations prévues à l’horaire du Périscope, Album de finissants était jouée en avant-midi et en après-midi pour des groupes d’écoles secondaires.

Mise en scène impeccable

Le spectacle donné à Québec permettait à chaque jeune du chœur de s’illustrer individuellement tout en s’ancrant dans l’unité du groupe. En donnant la place à de vrais adolescents, la mise en scène a su éviter la caricature tout en plongeant dans l’intériorité de chacun des jeunes individus.

Loin du théâtre contemplatif, les scènes s’enchainent à une vitesse effrénée tout en laissant quelques respirations qui permettaient de saisir le caractère unique de chacun des interprètes.

Les stimulations visuelles et sonores s’enchainent et le public essaie d’attraper le plus de détails possible sans jamais y parvenir complètement. C’est que 25 personnes sont mises de l’avant pour leur singularité et non pour leur similitude. Ensemble, ils sont le reflet de l’unicité de ceux qu’on caractérise trop souvent comme de simples adolescents.

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