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Pour une dégustation de la danse

Tapis rouge ou gloire à tout ce qui tombe, une chorégraphie de Karine Ledoyen. Sur la photo : Geneviève Robitaille et Aïcha N'Diaye. La Petite scène - Cycle Féminin. Photo Maryon Desjardins.
Tapis rouge ou gloire à tout ce qui tombe, une chorégraphie de Karine Ledoyen. Sur la photo : Geneviève Robitaille et Aïcha N’Diaye. La Petite scène – Cycle Féminin. Photo Maryon Desjardins.

Pour Jean-Francois Duke, codirecteur artistique de La petite scène, la danse contemporaine, c’est comme le vin. Activité conviviale qui stimule les sens, la dégustation de la danse est sans limite. « C’est presque impossible de ne pas aimer la danse contemporaine », affirme-t-il. «Il y en a pour tous les goûts.» Les propositions artistiques en danse contemporaine sont infinies. À chacun son cépage!

Ce printemps, La Rotonde et Le Cercle récidivaient avec une 4e édition de La petite scène, invitant sept artistes du milieu de la danse contemporaine à explorer le thème du féminin à travers de courtes pièces de cinq à sept minutes. La seule contrainte est de créer pour une petite scène de 10’ x 13’. Malgré l’étroitesse de cette dernière, le défi s’avère stimulant et inspirant, explique Jean-Francois Duke, lui-même danseur-interprète. Cette contrainte oblige l’artiste à réfléchir son art autrement : «C’est possible de faire quelque chose de grandiose… J’ai vu des artistes défoncer les murs !» Ces murs imaginaires que sont les limites de la scène contribuent au développement de pièces hors canevas, au-delà des attentes bien ancrées dans la tradition de la danse contemporaine.

Initié à Toronto dans les années 90 par Laura Taler, le concept original, Dances for a small stage, est transmis en 2002 à Julie-anne Saroyan de Vancouver, puis à monsieur Duke en 2014. Le concept devrait bientôt avoir un pied-à-terre en Australie. La petite scène à Québec est une initiative de La Rotonde.

Le mot d’ordre pour les créateurs de La petite scène : l’accessibilité. Il s’agit de dissoudre la frontière entre le spectateur et le spectacle, d’ouvrir le rideau parfois trop opaque séparant la scène de la salle. C’est dans un cadre plus interactif que les gens peuvent entrer en relation directe avec les propositions artistiques qui sont offertes. Et qui est le public cible? « Tout le monde! » s’exclame l’organisateur, volubile de ses gestes. Cette accessibilité à la danse n’est pas réservée aux spectateurs; les artistes sont invités à se côtoyer lors de cet évènement qui unit autant des artistes chevronnés du milieux de la danse que la relève qui cherche à se faire une place sur la scène.

Cette formule permet de sortir la danse contemporaine de son carcan traditionnel pour faire connaitre le savoir innovant que possèdent les danseurs et les chorégraphes, un savoir qui, selon la directrice artistique du Cercle, Caroline Simonis, doit être mis en valeur dans des lieux publics. La danse contribue à une compréhension plus profonde du corps, elle permet à ceux qui en témoignent de réapprivoiser leur corps et celui de l’autre.

L’évènement fut un grand succès auprès d’un public ouvert et curieux. Et ce n’est que le début. Le prochain rendez-vous est le 29 octobre prochain, au Cercle, sous le thème de « l’inquiétante étrangeté ».

À venir : La petite scène, jeunesse!

Le-cercle.ca

Larotonde.qc.ca/sujet/la-petite-scene

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