Accueil / 2014 – Vol. 8 No 3 / Jeux, dialogues et intuitions

Jeux, dialogues et intuitions

Faire l’amour d’Anne-Marie OLIVIER, qui était présenté au Théâtre Périscope au printemps 2014. Sur la photo : Anne-Marie OLIVIER, Maryse LAPIERRE, Nicola-Frank VACHON et Eliot LAPRISE. Photo Stéphane Bourgeois
Faire l’amour d’Anne-Marie OLIVIER, qui était présenté au Théâtre Périscope au printemps 2014. Sur la photo : Anne-Marie OLIVIER, Maryse LAPIERRE, Nicola-Frank VACHON et Eliot LAPRISE. Photo Stéphane Bourgeois

Partenaire : THÉÂTRE PÉRISCOPE

 

Depuis trois ans, Frédéric Dubois est le coordonnateur artistique du Théâtre Périscope. Devenu la référence en théâtre de création, le Périscope propose des programmations « mosaïques et audacieuses ». Le public en profite largement encore cette année : la sélection 2014-2015 se compose avant tout de coups de poing au cœur. Monsieur Dubois n’en est pas peu fier.

Animé par sa passion, Frédéric Dubois aiguille ce lieu de création aux infrastructures importantes en colorant l’esprit du théâtre de sa vision artistique : il aime le chaos, il aime que les propos soient actuels et en lien avec la cité dans laquelle nous vivons. Il faut que la pièce laisse une marque chez le spectateur. Le Périscope présente des créations qui poussent la remise en question; l’endroit est connu pour affectionner les écritures nouvelles.

Ce que nous trouvons dans la programmation 2014-2015 va bouleverser, ébranler. Il y aura de l’espace, de l’ouverture. Mais à la base, monsieur Dubois soutient que le comité artistique choisit chaque pièce avec intuition : « Il faut qu’on tripe, faut que ça bouge, faut que ça nous transperce! Le Périscope est un porte-voix, un lieu de tous les possibles où la création est au centre du processus de sélection. Les compagnies sélectionnées explorent de nouvelles démarches artistiques, de nouveaux recoins de la création, elles s’amusent avec les codes. C’est ce jeu, ce mouvement que nous voulons retrouver dans la programmation. »

Que ce soit par sa poésie, par un propos ou par la mise en scène, il faut absolument que la production se démarque par la manière dont elle sera débattue. « Nous sommes des chiens de garde qui s’assurons que toutes les forces vives sont représentées à l’intérieur du lieu ».

Pour la petite histoire, le Périscope a vu le jour il y a 29 ans à l’initiative d’un regroupement de quatre compagnies de théâtre itinérantes. Elles ont pris possession d’une ancienne synagogue, un lieu qui s’est d’abord appelé L’Implanthéâtre. Depuis, le lieu est resté au service de plusieurs compagnies. Encore aujourd’hui, le Périscope offre aux compagnies un endroit professionnel pour diffuser leurs productions.

Les productions qui prennent l’affiche au Périscope proviennent donc autant des compagnies fondatrices que de jeunes troupes de théâtre. D’une part, il y a celles qui reçoivent un soutien manifeste de la part des subventionnaires. Ces compagnies sont importantes dans l’écosystème du milieu théâtral. Ce sont des moteurs, tant pour leur statut d’entreprises qui offrent une stabilité aux artistes, mais aussi parce qu’elles offrent aux professionnels davantage de structures, donc de possibilités. Ces compagnies-là, au nombre de sept*, ont conséquemment une certaine priorité dans la programmation. Puis, il y a des surprises de la relève et des troupes aguerries qui travaillent sur leurs projets de création.

Dans la plupart des cas, les projets sont en chantier au moment de la sélection : « En général, nous sommes devant l’inconnu », souligne le coordonnateur artistique. « C’est une vraie prise de risque, nous misons sur un show en devenir, nous en connaissons les contours, mais le produit n’est pas fini. Lorsque la saison s’ouvre, le spectateur est pris dans cette vague, ce qui le rend acteur du spectacle qu’il vient voir. C’est un beau plongeon dans ce qu’est la création. »

Le Théâtre des Fonds de Tiroirs commence la nouvelle saison avec sa production La famille se crée en copulant, du dramaturge Jacob Wren. Monsieur Dubois, qui assure la mise en scène, s’est permis un cadre « faussement tout croche » dans lequel la musique occupe une place importante. Festif, moqueur et ironique… Le noyau familial sera la matière d’où émergeront des conflits qui reflètent le climat planétaire.

Soulignons aussi la venue de Pupulus Mordicus, une compagnie spécialisée en théâtre de marionnettes pour adultes, qui se penche cette fois sur Méliès. Monsieur Dubois mentionne Le NoShow, pour sa flamboyante pertinence, et Moi, dans les ruines rouges du siècle, qui est apparemment formidable et « d’une telle intelligence, d’une telle sensibilité, jouées par de grands interprètes ».

Aller vers ce lieu de rencontres et d’échanges, c’est amorcer une discussion, un dialogue entre les artistes et le public. C’est aussi une des missions premières du Périscope.

* Théâtre Blanc, Pupulus Mordicus, Théâtre Niveau Parking, Nuages en pantalon – compagnie de création, Ubus Théâtre, Théâtre des Fonds de Tiroirs et Sortie de Secours.

Cœur de mailles