Accueil / 2015 - Vol. 9 No 2 / Parole aux artistes : danse contemporaine

Parole aux artistes : danse contemporaine

Photo Courtoisie.
Photo Courtoisie.

Nancy Lavoie, fondatrice de l’Avenue tango.

J’avance, tu recules.

Je sens ta main, parfois moite, dans ma main. Ou dans mon dos, parfois nu.

Je recule, tu avances.

Mon visage près du tien, je sens ton souffle, mes yeux se ferment. Je plonge à l’intérieur d’un monde voluptueux. Je respire et j’enfile encore une fois la musique sur mon corps comme si elle était un gant. Mon axe, ton axe. Nos corps enlacés dans une construction architecturale, qu’une simple pensée de travers peut faire s’effondrer !

Le tango n’est pas un cambré ou un split en robe rouge. Un regard de biche ou dominant, rose rouge entre les dents. Le tango, c’est un voyage infini dans un univers doux où une note lancinante de bandonéon peut nous figer dans une seconde qui dure et dure encore. Ces minutes-là, c’est avec toi entièrement que je les passerai, tricotée serrée à corps.

Le tango n’est pas qu’une pensée triste qui se danse, ou l’expression verticale d’un désir horizontal. Non. Le tango… C’est ma vie.

Photo Simon DOUVILLE.
Photo Simon DOUVILLE.

Benjamin Ricard, danseur, chorégraphe et professeur de danse, directeur artistique (Port-O-Swing, Danse Création)

Le SWING, partout, pour tous ! En 2000, j’ai eu une vision : faire renaître la danse swing à Québec ! Quinze ans plus tard, si on en juge par la diversité des occasions hebdomadaires pour sortir danser, on peut dire que c’est mission accomplie ! Je suis amoureux fou de cette danse joyeuse, entraînante, multigénérationnelle, riche en culture, parfois lente et sensuelle, d’autres fois rapide et acrobatique !

La musique, l’histoire, la philosophie, l’acrobatie, la danse… Tous les aspects du swing me passionnent ! À travers le monde, j’ai appris de mes collègues, de mes professeurs, de mes nombreux élèves… Toutes des personnes ayant des visions qui diffèrent mais qui, au final, parlent toutes du bonheur de “swinguer” au son de la musique jazz-swing issue des Afro-Américains du début des années 1900.

“Benjamin : Keep Swinging…” Les mots que je peux lire, écrits de la main de Frankie Manning, ambassadeur de la danse swing, dans ma copie de son autobiographie ! Et j’y compte bien. J’ai bien l’intention, comme lui, de continuer à danser et à partager ma passion jusqu’à 95 ans…

Photo Jean-François GRAVEL.
Photo Jean-François GRAVEL.

Nadia Ratycz, professeure, directrice artistique et danseuse, danse traditionnelle/Les Tourbillons de Beauport.

La danse traditionnelle m’interpelle depuis toujours pour son côté ludique, social et culturel. Des amitiés très serrées se tissent autour des sets carrés, des rondes et des contredanses. La danse comme forme d’expression artistique a toujours fait partie de ma vie. En 1992, je terminais un baccalauréat en enseignement de la danse afin d’avoir de bons outils pour transmettre ma passion.

La danse traditionnelle n’a pas la place qu’elle mérite : on la sort seulement à Noël et dans le temps des sucres. C’est dommage, car elle nous procure une joie immense et nous enracine dans des valeurs sociales positives.

Qui n’a jamais tapé du pied malgré lui à l’écoute d’un reel ou d’un rigodon ? Il y a quelque chose de magique et d’intemporel dans ces pas de danse répétitifs. Le danseur tourne, saute et gigue en cadence avec les autres. La danse traditionnelle se révèle en dansant. Allez, maintenant, c’est à votre tour : «Tout le monde balance et tout le monde danse !».

Photo Pascal HUOT.
Photo Pascal HUOT.

Mikaël Xystra Montminy, chorégraphe, interprète, enseignant, répétiteur, maître Reiki, entraineur

Je suis motivé par une parfaite conjugaison de la splendeur physique du corps : la « physicalité » et la profondeur de l’interprétation, parfois plus théâtrale ou abstraite. Tout part de l’interne et s’alimente de la maîtrise de différents styles de danse. Cette complémentarité décuple l’expression artistique.

Mes principales techniques relèvent du ballet, des danses urbaines, du break-dance, du contemporain ainsi que des principes et mouvements des arts martiaux qui inspirent mon approche et font partie intégrante de la forme de break-ballet que je crée.

Il ne s’agit pas de plusieurs styles collés, mais bien d’un nouveau style propre à ma personnalité où le contemporain et les arts martiaux sont liés.

Ma compagnie de danse, Wu Xing Wu Shi (Guerrier dansant les cinq éléments), créée en 2014, veut amener une touche différente au milieu de la danse contemporaine de Québec. L’idée est de proposer au public une danse en constante recherche d’équilibre entre la technicalité, la physicalité, l’émotion et l’interprétation.

Photo Pascal HUOT.
Photo Pascal HUOT.

Julie Perreault, danseuse, enseignante et chorégraphe Flamenco

Lorsque j’ai découvert la danse flamenca, j’ai été frappée par l’énergie qui se dégageait de cette forme d’expression artistique et fascinée par l’étrange réunion entre la force brute et l’élégance féminine. Toujours riche en émotions fortes et de nature complexe et imprévisible, l’art du flamenco explore une vaste gamme de ressentis. Par la liberté qu’il incarne et les contrastes qui le définissent, le flamenco permet et exige l’expression de soi ainsi que l’affirmation de sa propre personnalité. Imprégné d’une passion qui s’enracine dans l’instant présent, le flamenco devient pour moi une forme de méditation qui renforce mon équilibre et m’apporte un apaisement intérieur.

La communauté flamenca de Québec me tient à cœur et j’y porte une grande attention. En plus d’enseigner à l’École de danse Migrations, j’ai fondé la troupe Flamenco Si en 2009 et j’organise une foule de stages, évènements et spectacles. Je tente ainsi de garder vivant le flamenco et de faire connaître cette forme d’art au grand public.

Cœur de mailles