Accueil / 2008 – Vol. 2 No 1 / « Oh! La belle grande ville! »

« Oh! La belle grande ville! »

Photo Courtoisie
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Édito

Que l’on pense à Paris, New York, Londres, Tokyo, Mexico, ou Bucarest (voir l’article à ce propos), toutes les villes ont leurs couleurs propres, tout en se rejoignant inévitablement à plusieurs égards. Généralement, une grande ville accueille une pluralité culturelle, présente des activités de tout acabit à pratiquement tous les soirs, entretient plusieurs artères principales achalandées, collectionne ses vedettes, ses morning men chialeux, ses lieux jet-set et ses paparazzis, tout en conservant une identité qui lui est propre. Évidemment, les centres culturels – musées, salles de spectacles, galeries d’art, regroupement d’artistes, etc. – participent fortement à consacrer une ville. Les médias ont aussi leur part de responsabilité, et non la moindre. Mais le plus important, probablement, ce sont les gens. Ses gens et leurs origines diverses, leurs intérêts hétéroclites et leurs identités bien vivantes.

Québec, cosmopolite ?! Robert Lepage a dit des gens de la Capitale qu’ils étaient xénophobes. Les réactions ont été vives. Peut-être a-t-il mis le doigt sur le bobo ? Jusqu’à quel point avait-il raison… ? Pour ou contre les accommodements raisonnables… ?

N’empêche qu’être réfractaire aux changements est une attitude normale, mais ce n’est rien de plus qu’une étape à franchir. Les gens de Québec réagissent fortement à la moindre contrariété; ils se voient le dernier bastion de la culture québécoise blanche, francophone et chrétienne, un peuple conquis, indomptable, qui vient malheureusement avec le slogan collé dans le front : «né pour un petit pain».

Ce peuple qui défend corps et âme sa chère identité oublie qu’il a lui-même détruit celle des Amérindiens désormais confinés en des lieux exigus. Paradoxalement, les citoyens ont un désir puissant de rencontrer l’Autre et sa culture. Fort heureusement, ils y parviennent.
Et oui, même à Québec !

Le mélange des ethnies et des couleurs, c’est juste bon pour notre ouverture d’esprit. Ouverture nécessaire à l’évolution qui souvent prend place grâce à la rupture qu’offre la découverte de nouveaux horizons. On n’oublie pas, on ne renie pas : on grandit ! ■

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Cœur de mailles