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Les moyens de créer

Émergences Chorégraphiques - Relève en Capitale 2011. Photo Guillaume D. Cyr
Émergences Chorégraphiques – Relève en Capitale 2011. Photo Guillaume D. Cyr

Partenaire : PREMIÈRE OVATION

/ Collaboration spéciale de Thomas-Louis CÔTÉ
responsable des communications pour Première Ovation

 

En 2008, la Ville de Québec s’est donné un défi : devenir la capitale de la relève culturelle au Québec, voire au Canada. Pour atteindre cet objectif ambitieux, la municipalité s’est munie d’un outil innovateur qui donne aux jeunes artistes de Québec les moyens de créer, de profiter de l’encadrement d’artistes renommés et de vivre leurs premières expériences professionnelles.

C’est ainsi qu’est née Première Ovation, une mesure d’aide unique en son genre, gérée par des organismes du milieu et offrant une grande variété de programmes spécifiques aux besoins des artistes.

La mesure a ainsi été lancée avec la création, en concertation avec des intervenants du milieu, de programmes pour les artistes et diffuseurs en musique et en théâtre. En 2009, à la suite de Québec Horizon Culture et avec l’arrivée du ministère de la Culture et des Communications comme partenaire, cinq disciplines se sont ajoutées : la danse, les arts littéraires, les arts visuels, les métiers d’art et les arts médiatiques. En 2012, dans l’idée d’accroître ses actions, Première Ovation a accueilli une nouvelle discipline, les arts multi. Aussi, avec près de 6000 artistes soutenus depuis sa création et plus de 5 000 000 $ alloués à une multitude de projets de production, de création, de formation, de mentorat et de recherche, Première Ovation est vraiment devenue un incontournable dans le paysage culturel de la capitale.

Mais la question se pose : est-ce que la présence de Première Ovation a vraiment eu des impacts sur le milieu culturel émergent de Québec? Une évaluation de la mesure et de ses programmes réalisée récemment a permis de constater que les effets sont très positifs, autant du côté des artistes que des diffuseurs. Des groupes de discussion mis en place pour cette évaluation ont souligné le fait que Première Ovation a notamment contribué à améliorer les conditions de pratique des artistes, à faciliter le démarrage de carrière et à favoriser l’intégration des artistes de la relève au milieu professionnel. Il en ressort que, dans l’ensemble, les jeunes artistes reconnaissent que le milieu artistique est plus dynamique, que Première Ovation a eu un bon impact et qu’il y a plus de productions indépendantes. Un participant a également noté que la mesure permet aux artistes de bénéficier d’un accompagnement, d’un certain côté éducatif, qui les force à se structurer et à développer des compétences qui les préparent à la rédaction d’autres demandes de subventions.

De plus, pour rejoindre son objectif de professionnalisation des artistes émergents, Première Ovation a établi des critères qui font en sorte d’exiger des diffuseurs voulant être soutenus pour leurs projets d’assurer des conditions minimales de rémunération pour les artistes. Ce faisant, il s’est créé des habitudes qui ne peuvent qu’être bénéfiques pour les créateurs d’ici. « Dans leurs projets, les promoteurs doivent payer conformément aux normes de la Guilde, et maintenant, les jeunes artistes ont une meilleure connaissance du milieu et de leurs droits », affirme Louis-Yves Nolin, de la Société du Palais Montcalm, l’organisme mandataire du volet musique. « Pour accéder au programme de bons d’emploi de Première Ovation – Danse, des contrats d’artiste sont demandés, ce qui exclut le bénévolat. On rémunère les artistes professionnels en danse au juste prix et cela leur donne assurément un peu d’oxygène », ajoute Steve Huot, directeur du centre de diffusion La Rotonde, gestionnaire du volet danse jusqu’en 2012.

Aussi, la mesure a eu pour effet de faire découvrir la multitude de talents émergents que possède Québec, surtout dans les disciplines où les créateurs ont une pratique solitaire. « Avec Première Ovation, nous avons été surpris du nombre d’auteurs et d’artistes en arts littéraires qui ont fait des demandes et que nous avons pu soutenir depuis 2009. Cette donnée de participation devient un nouvel indicateur de la présence d’une relève littéraire à Québec », souligne également Marie Goyette de L’Institut Canadien de Québec, l’organisme mandataire du volet arts littéraires.

L’évaluation de Première Ovation a permis de conclure que la mesure contribue de façon soutenue à l’atteinte des objectifs que s’est donnés la Ville de Québec et aux besoins des artistes émergents. La gestion de la mesure Première Ovation par le milieu artistique et culturel a aussi assuré une réelle adéquation entre les besoins et les programmes offerts aux artistes. Après cinq ans d’existence, la mesure a donc su trouver sa place dans les écologies de chaque discipline. En plus d’apporter des retombées concrètes pour la vitalité culturelle, elle a aussi permis de constater que la relève artistique n’a jamais été aussi forte à Québec.

Les fabuleux, de Valérie Potvin. Photo Guillaume D. Cyr
Les fabuleux, de Valérie Potvin. Photo Guillaume D. Cyr
Cœur de mailles