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Les mécanismes de l’architecture

Cohabitat Québec, par Tergos Photo Stéphane Bourgeois
Cohabitat Québec, par Tergos Photo Stéphane Bourgeois

Architecture contemporaine

L’architecture est un domaine en constante mouvance qui évolue avec la société dans laquelle elle s’inscrit. Elle est l’expression directe de notre culture. Elle fut longtemps utilisée aux fins de transmission des valeurs morales et religieuses : non seulement nous ornions les bâtiments de toutes sortes de symboles religieux, mais l’essence de leur conception – l’orientation, les proportions, la forme, etc. – était elle-même dictée par une multitude de croyances. Alors que ces valeurs n’occupent plus la même place dans la société actuelle, qu’est-ce qui définit l’architecture d’aujourd’hui? Afin de comprendre les préoccupations des architectes qui contribuent à bâtir nos villes, BAZZART a rencontré trois acteurs innovateurs en architecture à Québec.

Étienne Bernier, architecte chez Hatem+D : sensibilité artistique

Un architecte est-il un artiste? Étienne Bernier semble bien porter le chapeau. Il a choisi d’établir sa pratique au sein de l’entreprise Hatem+D, une agence créative multidisciplinaire alliant architecture, design et communication. Faisant lui-même partie de la relève québécoise en architecture, il constate le vent de renouveau qui touche les jeunes professionnels de son domaine. Ces dernières années, une multitude de bureaux d’architectes très avant-gardistes ont fait leur apparition à Québec et à Montréal : Bourgeois Lechasseur, Parka, Appareil architecture, Microclimat, etc. « Internet et les médias sociaux permettent de voir facilement ce que les autres font. Le résultat est que les jeunes architectes s’influencent entre eux, ce qui contribue à créer un style cohérent qui est propre à notre époque », souligne-t-il. « Nous voulons beaucoup de lumière, créer des espaces généreux et épurés. Il y a de belles réflexions sur la circulation à l’intérieur du bâtiment et les ouvertures sont traitées de façon moins conventionnelle. » C’est ainsi qu’il décrit le type de design prisé aujourd’hui par les architectes. Qualifiant lui-même son style comme étant minimaliste et contemporain, il essaye de se positionner hors du cadre conventionnel et de proposer des expériences et des ambiances singulières.

Bruno Verge, architecte chez Tergos : vert avant tout

Nous entendons de plus en plus parler de certifications environnementales en architecture. La population commence à avoir une conscience plus aiguisée de son impact désolant sur l’environnement et elle est prête à mettre en place les moyens nécessaires pour remédier à cette situation alarmante. « Depuis les dernières années, les gens savent en quoi consiste l’architecture écologique et sont très renseignés. C’est presque le client qui passe l’architecte en entrevue ! », raconte Bruno Verge, un des membres fondateurs de l’entreprise verte. Tergos est le premier bureau d’architectes de Québec à s’investir entièrement dans une pratique écologique. Monsieur Verge a une approche de la conception qui est entièrement guidée par le souci environnemental. Ayant pour but de créer une architecture régénératrice, c’est-à-dire dont le bilan énergétique est positif, il accorde une importance primordiale à la provenance des matériaux, à la façon dont ils ont été transformés, à leur performance et à leur énergie intrinsèque. Lui-même accrédité LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), il voit un potentiel de ralliement dans les certifications environnementales en architecture. « Travailler en collaboration avec d’autres professionnels de la construction aide à définir des objectifs et des critères. C’est un langage commun entre architectes, ingénieurs, entrepreneurs et clients. » Outre LEED, Bruno Verge et l’équipe de Tergos travaillent selon les grilles de plusieurs autres systèmes de certification environnementale beaucoup plus poussés comme le Living Building Challenge, qui constitue à ce jour la norme de performance environnementale la plus rigoureuse dans le secteur du bâtiment.

Résidence 195, rue Crémazie, par Anne Vallières Photo Léa Castonguay
Résidence 195, rue Crémazie, par Anne Vallières Photo Léa Castonguay

Samuel Bernier-Lavigne, professeur assistant en architecture à l’Université Laval : un bond dans l’ère numérique

Les technologies numériques affectent pratiquement toutes les facettes de la société depuis maintenant un bon nombre d’années. Par contre, dans le domaine de l’architecture, le numérique en est encore à ses balbutiements, particulièrement au Québec. Après avoir travaillé aux États-Unis et en Europe, Samuel Bernier-Lavigne est revenu au Québec avec une compréhension de l’outil et de son influence sur l’architecture. « On voyait depuis une vingtaine d’années, partout dans le monde, une série de petits bureaux d’architectes très avant-gardistes qui travaillaient avec les technologies numériques. Maintenant, les bureaux plus gros ont réalisé le potentiel de ces outils et les intègrent de plus en plus dans leur pratique, même si c’est de façon moins expérimentale », souligne-t-il. Comme les jeunes architectes qui sortent des écoles sont tous à jour en ce qui concerne les dernières technologies, ce sont eux qui amènent cette approche sur le marché. Le numérique a aussi offert de nouvelles avenues en matière de fabrication. Nous avons maintenant la possibilité de prendre l’information numérique et de la traduire directement dans la matière. « L’outil numérique est un partenaire de design. Il se crée une discussion entre le créateur et son instrument de travail », explique monsieur Bernier-Lavigne, en soulignant à quel point l’avancement des technologies numériques a amené les architectes à approcher la création d’une toute nouvelle manière.

Résidence rue Lausanne, par Hatem+D Photo Alexandre Guilbeault
Résidence rue Lausanne, par Hatem+D Photo Alexandre Guilbeault

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