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Les défis du numérique

Michel LÉTOURNEAU. Photo Courtoisie
Michel LÉTOURNEAU. Photo Courtoisie

 

RÉGIE DU CINÉMA

La Régie du cinéma est un organisme que tout le monde connaît. Nous voyons ses « timbres » sur tous nos DVD ou sur les sites de références de cinéma. Nous lui devons entre autres les classements des films qui passent sur nos écrans. Mais que savons-nous réellement de son rôle dans l’industrie du cinéma? Michel Létourneau, président récemment nommé, nous a exposé les grandes lignes de son mandat et les problématiques que canalise le numérique. Voici un résumé.

En quelques mots, le rôle de la Régie du cinéma, autre que délivrer des permis autorisant le commerce du film aux distributeurs et aux locateurs, est d’être un guide pour les parents. L’objectif est de protéger les plus jeunes des images qu’ils ne sont pas prêts à voir, de s’assurer que les yeux qui regardent chaque film soient en mesure de faire la part des choses. La responsabilité revient donc aux parents de contextualiser le film que leur enfant visionne et la Régie du cinéma est là en appui. C’est à ce point sérieux que monsieur Létourneau soutient que le cinéma est un outil très puissant, citant au passage l’utilisation de films au début du siècle dernier pour la propagande pendant la guerre.

Au Canada, chaque province gère ses propres classements. Au Québec, il existe quatre catégories : Général, 13+, 16+, 18+. Procéder au classement est une tâche délicate que huit personnes, des sexologues, des sociologues et des spécialistes du cinéma, exécutent à l’année avec le plus grand sérieux. De manière générale, leur classement doit refléter le consensus social. Personne ne sera surpris d’apprendre que, parmi toutes les provinces, le classement québécois est celui qui soit le plus ouvert, le plus moderne.

Forte de son âge d’or du début des années 2000, où les examinateurs devaient visionner et classer 25 000 films par année, l’industrie du cinéma n’en soumet aujourd’hui que 12 000 à 13 000, un déclin marqué qui s’explique notamment par la multiplication des plateformes de diffusions, tels le Web (ordinateur, iPod, iPad…) et les câblodistributeurs (vidéo sur demande…). Plus que jamais, les gens sont invités à rester dans le confort du foyer.

Tous ces changements causent des remous au sein de la Régie du cinéma qui doit s’adapter à ces nouvelles réalités. Comment poser un « timbre » sur un film qui n’a pas de support physique? Si la question semble simple, la problématique se décortique longuement; la Régie du cinéma n’a pas de prise sur les films qui passent à la télévision ou qui sont offerts sur le Web. Comment faire pour que la Régie continue de remplir son mandat? Voilà le genre de défi que Michel Létourneau et son équipe devront relever dans un avenir rapproché. Dossier à suivre.

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