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L’école à venir

Nathalie Leblanc à l’œuvre dans les studios d’Avatar. Photo Jocelyn Robert / Université Laval
Nathalie Leblanc à l’œuvre dans les studios d’Avatar. Photo Jocelyn Robert / Université Laval

Partenaire : ÉCOLE DES ARTS VISUELS DE L’UNIVERSITÉ LAVAL

Le changement, c’est maintenant qu’il s’opère entre les murs de l’École des arts visuels de l’Université Laval, selon son directeur, Jocelyn Robert. Le chantier est bien entamé et permet de se rapprocher pas à pas de l’école idéale, un lieu rêvé et réfléchi depuis l’entrée en fonction de la nouvelle direction, en avril 2012, pour qui établir de solides relations avec le milieu demeure en 
tête des priorités.

L’École des arts visuels projetée par Jocelyn Robert et ses collègues se profile déjà. Ils y songent depuis longtemps, mais le scindement de l’École des arts visuels et de l’École de design, il y a un an et demi, dans l’édifice La Fabrique, aura permis de rebrasser les cartes et de planifier de nouvelles stratégies de jeu. C’est dans ce mouvement que l’artiste Jocelyn Robert a été nommé directeur, lui qui travaillait déjà comme professeur à la faculté.

Si le remaniement est considéré ici comme une chance d’avancer et de développer l’École en redéfinissant ses programmes, nul doute que les nouvelles idées sont nombreuses. Le bagage artistique professionnel de monsieur Robert a le mérite de leur donner une direction claire, tout en les teintant des idéaux de l’artiste qui a toujours eu les deux pieds bien ancrés dans le réseau culturel de Québec.

« Je suis avant tout un artiste déguisé en professeur, qui est déguisé en directeur. Nous voulons profiter de cela pour multiplier les rencontres et les projets avec l’ensemble des acteurs des domaines artistique et culturel, soit les centres d’artistes, les galeries, les ateliers ou encore les musées », explique celui qui a fondé, il y a quelques années, Avatar, l’un des rares organismes en Amérique du Nord dédiés aux arts audio et électroniques.

Ainsi, le désir de s’arrimer davantage au milieu est devenu une formule commune et un gage de réussite pour la douzaine de professeurs de l’École des arts visuels que Jocelyn Robert décrit comme une équipe émérite et soudée. Bien que restreint, le groupe est assez rigoureux pour hisser l’établissement au titre de meilleure école d’arts visuels du pays, croit fermement monsieur Robert. D’ici quelques années, trois ou quatre peut-être, l’apogée de cette ascension devrait être atteint, précise-t-il. En attendant, le renouveau porte ses fruits et les projets se concrétisent.

Les projets qui font une différence

Parmi les bons coups, notons que l’École a conclu une entente avec La Chambre Blanche, La Bande Vidéo et Avatar. Dorénavant, des étudiants à la maîtrise peuvent exécuter leurs travaux et leurs recherches dans ces centres d’artistes. La première étudiante à bénéficier de cette collaboration est Nathalie Leblanc, qui travaille en ce moment sur sa maîtrise à Avatar. Pour une période de deux ans, le centre lui offre un accès privilégié à ses studios au cœur même du milieu de la pratique artistique. Dès l’automne 2014, il en sera de même pour deux autres étudiants dans chacun des autres centres.

L’annonce de la création d’un partenariat avec la Manif d’art, la biennale internationale en art actuel de Québec, fait également partie des nouvelles initiatives. Cette association permet l’accueil d’un professeur invité pour la session d’hiver-printemps 2014 en la personne d’Alain-Martin Richard. L’expérience se répètera tous les ans
avec d’autres artistes professionnels.

Autre grand projet à long terme : la mise en place d’un microprogramme de deuxième cycle spécialisé en art dans l’espace public. Cette formation permettra aux détenteurs d’un baccalauréat en arts visuels ou à l’artiste d’expérience de parfaire ses connaissances en s’initiant aux particularités de l’intervention artistique en milieu public. Un projet qui s’arrime naturellement au plan de la Ville de Québec, qui vise une hausse de 28 % d’art public d’ici 2020 sur son territoire.

Au cours de la dernière année, il y a aussi eu le projet Cité audio qui a tissé des liens avec le Musée national des beaux-arts du Québec. Pareillement, l’œuvre sonore radiophonique réalisée en partenariat avec des étudiants de la Villa Arson à Nice est notable lorsqu’il est question de développer les savoirs hors des murs de l’école. « Tout ça fait partie de ce grand projet que nous sommes en train de construire. Maintenir l’énergie ambiante et les collaborations acquises demeure évidemment un défi. Mais, nous y croyons beaucoup », rappelle Jocelyn Robert.

Avec ses quelque 250 étudiants, ses 7 programmes en renouvellement et 2 nouveaux programmes en route, l’École des arts visuels de l’Université Laval est au carrefour de tous les possibles. Reste à souhaiter à son équipe de jouer les bonnes cartes et de détenir quelques atouts. « En résumé, on va en faire une école incontournable ! » Et, avec le ton du nouveau directeur, ils sont sur la bonne voie.

Jocelyn ROBERT Directeur de l’École des arts visuels. Photo Renée Méthot / Université Laval
Jocelyn ROBERT
Directeur de l’École des arts visuels. Photo Renée Méthot / Université Laval
Cœur de mailles