Accueil / 2015 - Vol. 9 No 2 / Le Papillon Blanc, danse : Pour une véritable rencontre de l’autre

Le Papillon Blanc, danse : Pour une véritable rencontre de l’autre

Photo Courtoisie.
Photo Courtoisie.

«La danse contemporaine, c’est magnifique, mais à un moment donné c’est tellement éphémère que tu peux perdre le sens de ce que tu fais. De passer par le Papillon, ça permet de retrouver le sens de l’humanité. Je mets mon art au service de la personne, c’est une révélation !».

Marie-Noëlle Goy, cofondatrice du Papillon Blanc, danse.

 

Comment la danse contemporaine peut-t-elle sortir de son milieu traditionnel pour franchir les frontières entre artiste et citoyen ? Les fondatrices du Papillon Blanc, danse offrent leur art dans les hôpitaux, pour une rencontre véritable de l’autre.

Depuis l’âge de sept ans, Marie-Noëlle Goy sait qu’elle veut danser : «Je me suis aperçu assez jeune que j’avais un pouvoir avec la danse  ». Sa rencontre avec Priscilla Simard lors d’une collaboration théâtrale en 2011 fut le début d’une profonde union artistique. C’est le coup de foudre. «Nous sommes un peu comme des âmes sœurs, c’est spécial !». Leur projet de danse en milieu de santé voit le jour en 2013, tout aussi spontanément, lorsqu’elles visionnent ensemble une vidéo du chorégraphe français Sylvain Groulx dansant en plein CHUM de Montréal. Les deux femmes unissent leurs efforts et leur amour pour la création, accueillies à bras ouverts par une communauté intéressée et soutenue par une bonne dose de magie de la vie.

Le Papillon Blanc, danse a pour mission d’accompagner les personnes malades et leur entourage par la danse. «L’art apporte vraiment un soutien. L’artiste occupe une position véritable autant que l’infirmière et le médecin.» Pour le duo, la danse avec l’autre permet deux choses : la rencontre authentique et la beauté profonde.

Dans une modernité individualisée, où le maintien d’une identité sociale et l’édifice d’une barricade émotionnelle font partie de nos interactions quotidiennes, la connexion véritable avec l’autre n’est pas toujours facile. Madame Goy constate que les personnes malades et en fin de vie s’abandonnent plus facilement à la rencontre : «Ils n’ont plus d’égo, ils n’ont plus d’identité sociale, mais il leur reste la sensibilité». Sans musique ni costumes, c’est dans cette sensibilité que plongent les artistes et les résidents, dans la danse et la détente du corps, s’apprivoisant sans paroles, baignant dans l’instant présent. «Nous sommes le prolongement de la personne devant nous, nous partons de ce que leur corps nous dit, de ce que nous voyons.»

Sous la maladie se trouve une humanité que nous partageons tous. Le Papillon Blanc, danse fait briller cette beauté humaine, sous toutes ses formes. Ce qui importe «ce n’est pas la maladie ni la vieillesse, mais la personne devant nous».

Quelle est la prochaine étape pour le Papillon Blanc, danse? Une école Papillon. «Nous voulons envahir le monde !», s’exclame Marie-Noëlle Goy. Toronto, Montréal, New York ne sont que quelques-unes des destinations futures pour ces deux créatrices à la vision claire et inspirante.

lepapillonblanc.org

Cœur de mailles