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Le milieu de la poésie à Québec : sa vitalité en temps normal

Photo Elias Djemil
Photo Elias Djemil

// par Françoise BELLEMARE

La vitalité de la poésie à Québec est excellente. C’est du moins ce que nous laisse entendre André Marceau qui, en 1999, a mis sur pied le TAP : Tremplin d’actualisation de poésie. Le saut a été bon, sachant qu’ « en 1999, il n’y avait à peu près rien » qui se faisait dans la Capitale. Portrait d’un milieu en pleine effervescence!

André Marceau nous explique
que c’était l’un des objectifs du TAP
de créer une communauté poétique d’où se dégagerait un sentiment d’existence. Il s’agissait de réduire, du même coup, la migration des poètes vers des villes plus actives en poésie telles que Trois-Rivières et Montréal. L’effervescence résultante a été réelle et Québec a assisté à une véritable éclosion poétique sous toutes les formes possibles.

Le milieu

Pour Isabelle Forest, directrice artistique du Printemps des Poètes, la communauté poétique de Québec s’apparente à une sorte de confrérie. « C’est un milieu très convivial, très peu compétitif où il n’y a pas de vedettariat ni de richesse possible ». Poète professionnelle depuis 2003 et à la veille de publier un nouveau recueil, Isabelle Forest laisse entendre qu’ « un poète ne gagne pas sa vie en poésie ».

Convivial donc, le milieu, mais aussi très exigeant à qui veut s’y investir. André Marceau donne près de 30 heures de bénévolat par semaine. « Au TAP, nous devenons comme des esclaves. Je dois gagner ma vie ailleurs, mais il faudrait d’abord que je trouve le temps pour le faire ». Des subventions, selon lui, ne seraient vraiment pas de trop dans le milieu de la poésie à Québec.

Multidisciplinarité

Avec l’apparition des nouvelles formes d’art, les poètes possèdent plus de matériaux. « Il faut laisser sa pleine liberté à la poésie! » s’exclame M. Marceau. Nous assistons ainsi à diverses collaborations, hybridations des genres.

Selon Isabelle Forest, il y aurait une centaine de poètes à Québec, de tout âge, de toutes conditions. La relève, avec toutes les nouvelles possibilités offertes par le milieu, est aussi très présente. M. Marceau observe qu’ils sont plus nombreux à pratiquer dans l’oralité et dans la performance à Québec qu’à Montréal et Trois-Rivières.

Différentes vitrines sont mises à la disposition des poètes de Québec. En plus du TAP, on retrouve quelques maisons d’édition telles que le Lézard amoureux, Cornac, les Éditions du Sablier ainsi que celle de J’ai Vu. Soulignons aussi les Productions Rhizome, un organisme qui évolue dans la voie des spectacles littéraires. La ville a également lancé, l’automne dernier, le festival littéraire Québec en toutes lettres qui dédie une place importante à la poésie. Le Printemps des Poètes, le Lieu, le Café Krieghoff, le Tam Tam Café sont autant d’autres exemples de lieux d’expression possibles pour les poètes de la Capitale.

Cœur de mailles