Le colosse

Équipe de tournage de Spirafilm pendant le projet Tourne à Québec. Photo Manon JACQUES
Équipe de tournage de Spirafilm pendant le projet Tourne à Québec. Photo Manon JACQUES

SPIRAFILM

Dans un milieu où la concurrence est féroce, où les subventions sont limitées, mais où la créativité n’a pas de limites, les cinéastes indépendants ont la vie dure. Le rôle de Spirafilm dans le milieu du cinéma québécois est colossal : sans lui, le secteur de la production cinématographique en fiction et en documentaire à Québec serait beaucoup plus aride. Petite visite au cœur d’une institution du cinéma.

Spirafilm, coopérative vouée au cinéma indépendant, est un tremplin pour les novices. C’est aussi la pierre angulaire de la production cinématographique indépendante de la grande région de Québec. Son but est de permettre aux artistes de réaliser leurs projets, de les aider à se professionnaliser, de les mettre en contact entre eux grâce à des activités de réseautage. Catherine Benoit, directrice générale de Spirafilm, nous partage ainsi sa vision : « En cinéma, il est important de prendre en considération tous les éléments dans la production d’une œuvre. Toutes les étapes sont également importantes, de l’élaboration du scénario au montage, en passant par la direction photo ou le mixage. Même si nous avons la meilleure caméra du monde [et] les meilleurs acteurs, si le scénario n’est pas bon, ça ne donne rien. C’est avant tout un travail d’équipe; il faut savoir s’entourer des bonnes personnes et se laisser questionner. Certains artistes ont tendance à ne pas prendre assez bien la critique, alors que la finalité de l’œuvre dépend du travail d’équipe. » Comme le répétait Jean Renoir, cinéaste français : « Il faut toujours laisser la porte du plateau ouverte, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut y entrer ».

Spirafilm met l’accent sur la valeur d’une communauté cinématographique forte, qui permettra à chacun des cinéastes de s’entourer d’une équipe composée non seulement de gens compétents, mais de gens qui ont une vision similaire à la leur. « C’est très important dans un contexte de production indépendante… », affirme Claudine Thériault, directrice artistique de la coopérative.

Le milieu cinématographique québécois est très dynamique et ne cesse de se renouveler. Vous pouvez vous en rendre compte lors des diverses soirées organisées par Spirafilm, dont Prends ça court, une projection mensuelle qui a lieu les lundis au Cercle, dans le quartier Saint-Roch. On y projette les meilleurs courts métrages internationaux de l’année. C’est une occasion de s’initier à l’art du cinéma et du court métrage, mais c’est surtout une expérience extrêmement inspirante. N’ayez crainte, c’est normal de ne pas tout aimer, de ne pas toujours comprendre l’artiste, de voir et de vivre des choses inhabituelles. L’important, c’est de se laisser toucher, peu importe la façon. « Il faut s’habituer, certaines œuvres sont dérangeantes volontairement, d’autres ludiques. Il y en a pour tous les styles, tous les goûts », soutient madame Thériault. Comme le dit si bien Jacques Dutronc : « L’expérience n’existe pas au cinéma, on est débutant à chaque fois ».

Chaque année, la coopérative soutient une trentaine de courts métrages, un à deux longs métrages, deux séries Web (et projets immersifs) ainsi que divers projets collectifs tels que Québec Super 8. Spirafilm entretient de nombreuses collaborations, notamment avec Vidéo Femmes et Kinomada. Elle sélectionne les projets en fonction de trois critères : la pertinence de la démarche artistique, la faisabilité du projet et l’indépendance du réalisateur. Une fois le projet sélectionné, le processus de production s’enclenche et les œuvres finissent assez souvent dans divers festivals de grande envergure, comme ce sera peut-être le cas pour Chloé Robichaud et son premier long métrage, Sarah préfère la course, tourné à Québec.

En plus d’un bottin en ligne, le centre donne une visibilité à ses membres et à leurs œuvres en mettant sur pied des évènements de tous genres, dont des projections publiques et des collaborations internationales (festival Off-Courts Trouville). Et ce n’est pas tout! Spirafilm propose des formations, allant des cours de postproduction aux classes de maîtres, comme celles offertes récemment par Robert Morin (Petit Pow! Pow! Noël) et Philippe Falardeau (Monsieur Lazhar). Au final, Spirafilm s’adapte aux divers besoins de ses 150 membres en offrant plusieurs services importants, dont la location d’équipement à prix modique ainsi que la location de salles de postproduction et de réunion.

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