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Histoire : trajectoire et métissage

 

Photo Kim Damboise
Photo Kim Damboise

Après le rock’n roll et la musique pop, la musique country est le troisième meilleur vendeur dans l’industrie du disque, et ce, depuis sa mise en marché dans les années 1920. En raison de sa popularité et de sa pérennité, Bazzart a cru bon de remonter jusqu’à ses origines.

Nous sommes au dix-huitième siècle, une époque où peu de gens savent lire et écrire. Raconter le quotidien en chanson est une tradition qui nous vient de l’époque médiévale, mais elle demeure le meilleur moyen de transmettre les us et coutumes d’une culture. Les colonisateurs de l’Amérique n’échappent pas à cette pratique.

Les Européens qui choisissent d’immigrer aux États-Unis en quête d’aventures, de liberté ou pour trouver une vie meilleure, arrivent donc en Amérique avec leurs chansons traditionnelles, une tranche de culture qu’ils amènent avec eux et leurs maigres bagages. Courageux et volontaires, les colons vivent dans des conditions rudimentaires souvent difficiles. Ils travaillent dur pour créer un pays où tout est à faire : la pauvreté est partout et les loisirs sont rares.

En parallèle, les Africains et les esclaves noirs, arrachés à leurs racines, chantent et dansent pour alléger leur travail (Work Songs), puis lors des cérémonies religieuses (gospel). Le racisme de l’époque force un clivage qui exclut les blancs de cette culture artistique qui est à l’origine du jazz, du folk, du blues et de bien d’autres styles musicaux.

La naissance de la musique country s’inscrit un peu comme le pendant blanc de la culture musicale noire. C’est dans le sud-est des États-Unis et dans les provinces maritimes du Canada, plus précisément dans les Appalaches, que se situent les berceaux de ce style musical. Jouer de la musique est un excellent exutoire en plus d’être un moyen peu coûteux pour exprimer ses espoirs, ses joies et ses peines.

Venus de partout en Europe, Irlandais, Écossais, Anglais et autres immigrés cohabitent. Le métissage des cultures s’opère et s’est ainsi que se côtoient le violon, le banjo et plus tard la guitare. Les nouveaux arrivants composent et créent des chansons qui parlent de leur quotidien, de ce qu’ils vivent et ressentent. Essentiellement, le cœur du country réside dans ces « tranches de vie » et ces témoignages, où différents rythmes s’entrecroisent, du rock au folk en passant par le yodel* et le Honky tonk.

L’industrie du disque baptisa cette musique qui ne portait pas de nom particulier jusque dans les années 20. Dans le sud-est des États-Unis, ce fut Hillbilly Music, qui signifie littéralement « musique des péquenots ». Et, dans le sud-ouest, le Western Music, pour ensuite devenir Country Music dans les années 60. Voyez la page suivante pour l’arbre généalogique, ce sera plus simple!

*Le yodel est une technique de chant consistant à passer rapidement de la voix de corps (ou « de poitrine ») à la voix de tête (ou « de fausset »). La technique a probablement été développée dans les Alpes suisses comme une méthode de communication dans les montagnes, avant de s’intégrer au folklore. Le yodel a été réutilisé dans la musique country au début du XXe siècle. (wikipedia.org)

Cœur de mailles