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État des lieux : La danse à Québec

605 Collective, de Lisa Gelley et Josh Martin (Vancouver), présenté par La Rotonde (voir pages 12 et 13) du 28 au 30 avril 2016 à la salle Multi de Méduse. Photo David COOPER.
605 Collective, de Lisa Gelley et Josh Martin (Vancouver), présenté par La Rotonde (voir pages 12 et 13) du 28 au 30 avril 2016 à la salle Multi de Méduse. Photo David COOPER.

Pour faire état de la danse dans la ville de Québec, une rencontre avec Harold Rhéaume, président et porte-parole du Regroupement québécois de la danse, s’impose. Monsieur Rhéaume, que nous connaissons comme étant le chorégraphe de la compagnie Le fils d’Adrien Danse, établie depuis 15 ans à Québec, confirme le développement florissant de cet art.

L’histoire de la danse à Québec commence il y a 40 ans, grâce à une poignée de passionnés. Depuis une vingtaine d’années, les membres de cette communauté ont joint leurs forces afin de donner une place à cet art dans la Capitale-Nationale. Les créations et les productions en danse présentées à Québec sont très diversifiées dans leur approche, dans leur format et dans leurs formes chorégraphiques. Cette diversité constitue une richesse indéniable de la discipline et favorise la rencontre avec d’autres domaines des arts.

Harold Rhéaume, président et porte-parole du Regroupement québécois de la danse et chorégraphe de la compagnie Le fils d'Adrien Danse. Photo Daniel RICHARD.
Harold Rhéaume, président et porte-parole du Regroupement québécois de la danse et chorégraphe de la compagnie Le fils d’Adrien Danse. Photo Daniel RICHARD.

En plus de ses nombreux lieux de formation professionnelle en danse, Québec a la chance d’avoir La Rotonde, un diffuseur spécialisé en danse contemporaine qui présente une dizaine de spectacles par année, ainsi que le Grand Théâtre et ses saisons de danse mettant en vedette des compagnies réputées. Le public peut voir annuellement une cinquantaine de représentations en danse de répertoire et de création dans les principaux lieux de diffusion de la capitale. Il en existe aussi pour les tout-petits, en partenariat avec le Théâtre jeunesse Les Gros Becs.

Le milieu de la danse de niveau amateur est lui aussi extrêmement diversifié et florissant. Au niveau provincial, 34% des citoyens pratiqueraient la danse en amateur. Cependant, cette pratique connaît malgré tout des hauts et des bas, puisqu’elle évolue beaucoup au gré des modes et des tendances. Il suffit parfois d’un film (Parfum de femme, par exemple) pour susciter l’intérêt.

Malgré tout, la danse (surtout contemporaine) n’est pas toujours l’art le plus aimé du public. Étrange, n’est ce pas ? Les spectateurs disent souvent qu’ils ne comprennent pas cette discipline car il s’agit d’apprécier une nouvelle manière de raconter, différent du cinéma et de la télévision. Mais plus on en voit, plus on peut aimer se faire surprendre par l’intensité que déploient les interprètes. Qui plus est, il n’est plus nécessaire de passer la porte d’une salle pour les voir performer. Des compagnies et des artistes investissent de plus en plus de lieux en marge, l’espace public notamment, et mélangent les disciplines afin d’aiguiser l’œil du public et de briser certains préjugés. Des actions culturelles pour rendre accessible la danse contemporaine au grand public sont aussi réalisées par des institutions muséales, comme le Musée de la civilisation avec l’exposition Corps rebelles. Le visiteur est invité à regarder le processus de création de compagnies de danse, tout en pouvant interagir avec les artistes en direct. Les artistes vont parfois jusqu’à sonner à votre porte pour vous proposer quelques minutes de danse, pour vous seul (voir le projet Les Veillées de Code Universel).

Apprivoiser, une chorégraphie de Fannie Côté. Sur la photo : Julia-Maude Cloutier et Sarah Morin. La petite scène - Cycle Féminin. Photo Maryon Desjardins.
Apprivoiser, une chorégraphie de Fannie Côté. Sur la photo : Julia-Maude Cloutier et Sarah Morin. La petite scène – Cycle Féminin. Photo Maryon Desjardins.

Notre ville peut s’estimer chanceuse car comme le souligne Harold Rhéaume, la relève en danse est très active. Les projets et les collaborations fusent. La danse investit notamment les bars. Chacun a sa spécialité : le tango à Les Salons d’Edgar, le swing à La Korrigane, la danse contemporaine au Cercle, etc.

Avec la création d’ici deux ans de la Maison de la danse, Harold Rhéaume espère une synergie des différents styles de danse (africaine, flamenco, hip hop, etc.) qui font le dynamisme du milieu à Québec. Le partage d’espaces communs offrira certainement la chance aux initiateurs et aux participants de créer des événements rassembleurs, qui proposeront aux curieux une opportunité d’entrer en contact direct avec la danse sous toutes ses formes.

Une chose est sûre, le développement de la danse à Québec va bon train et ce, via toutes les avenues telles les courts-métrages, les expositions ou les loisirs. L’année 2015 marque d’autant plus une foule d’anniversaires, notamment les 10 ans pour la compagnie K par K (Karine Ledoyen), les 15 ans pour Le fils d’Adrien danse, les 30 ans pour le Regroupement québécois de la danse… et l’année prochaine, nous célébrerons les 20 ans de création de La Rotonde.

Cœur de mailles