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Entre ciel et terre

Photo François ANGERS
Photo François ANGER

FRANÇOIS-GUILLAUME LEBLANC

 

« Quand j’étais petit, j’aimais beaucoup jouer et je n’ai jamais arrêté de jouer. Mon travail je l’ai commencé quand j’étais petit. »

François-Guillaume Leblanc illustre bien le proverbe « nul n’est prophète en son pays ». Selon lui, nous pourrions expliquer ce phénomène par l’exotisme des artistes québécois en pays étrangers, qui attise la curiosité des foules et des producteurs. Il dénote également la tendance qu’a le milieu des arts au Québec de faire jouer des artistes connus plutôt qu’émergents. Par conséquent, il est plus difficile d’y faire sa place.

Bien que le contexte québécois ait pu favoriser son exode vers l’étranger, François-Guillaume Leblanc était tout de même prédestiné à se produire à l’échelle internationale. Entrepreneur et fonceur, il fonde en 2007 sa compagnie, le Théâtre Biscornu, avec Karine P. Bouliane et crée le spectacle Les Borings, joué 80 fois.

Le Théâtre Biscornu évolue et se divise en quatre volets : théâtre pour enfant, théâtre de rue, théâtre gestuel et animation. Ne se freinant pas à l’obstacle des mots, le volet de théâtre gestuel connaît un succès immédiat dans les festivals internationaux, dont deux en Irlande et un en Colombie, tandis que ses quatre spectacles sans paroles ont voyagé entre le Mexique, les États-Unis, la Belgique et la Colombie.

Son succès se poursuit en 2008 alors qu’il visite une vingtaine d’écoles francophones d’Ontario avec le spectacle solo qui l’a fait connaître, L’Imagin’Univers. En 2009, il crée le personnage principal de l’histoire du spectacle OVO du Cirque du Soleil, à la suite duquel il part en tournée nord-américaine où il se produira 654 fois. Cette année, c’est au Japon qu’il interprète toujours ce personnage.

Le spectacle de sa compagnie qui a tourné le plus, Les chroniques du pas possible, n’a encore jamais été présenté au Québec. Un de ses plus récents spectacles solos, Snooze a quant à lui déjà voyagé au Mexique, aux États-Unis, en Australie et un peu partout au Québec. La légende de l’arbre qui rougissait et Synapse sont aussi des exemples de spectacles à succès de l’artiste.

François-Guillaume Leblanc qui se dit sans racines, entre ciel et terre, s’adapte très bien au changement. Tant en solo qu’au sein de sa compagnie, il porte les chapeaux d’artiste ou de gestionnaire. Mais ce qu’il préfère, c’est l’humour gestuel et l’interprétation en personnage multiple. « J’adore le fait de pouvoir vivre et construire différents personnages avec mon corps, mes mimiques, mes voix, mes mimes, mes bruitages; de passer d’un personnage à l’autre, puis de le transmettre au public ». Ainsi, dans Les chroniques du pas possible, il incarne 30 personnages, dans 7 numéros, sans décors ni costumes et transporte les spectateurs dans ses univers mystérieux où se rencontrent loups-garous, vampires et zombies.

Inspiré aussi par les X-files, Tim Burton, et fasciné par la nature qui l’entoure et tout ce qui est humain, il avoue être particulièrement influencé par Michel Courtemanche. Sur scène, l’important est de stimuler l’imaginaire des spectateurs avec une touche brillante d’humour.

Talentueux, son ambition n’a pas de limites. Il voit grand pour sa carrière solo, sa compagnie et sa communauté. Il s’imagine bien dans le milieu de l’humour, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde, entre autres avec le trio d’artistes Synapse. Pour le Théâtre Biscornu, il souhaite continuer à développer les spectacles existants et poursuivre son développement partout sur la planète. Enfin, de nature engagée et passionnée, il dédie un volet de la compagnie à une vocation sociale à laquelle il croit : l’art-thérapie. François-Guillaume Leblanc pense que l’art est un excellent médium pour donner confiance aux jeunes et mobiliser la communauté. Depuis quelques années, il donne des ateliers de cirque au Cambodge et dans d’autres pays. Il travaille également à développer un réseau scolaire où l’improvisation aura une place de choix, notamment.

Si nous lui demandons le secret de son succès, il nous répond spontanément « être conscient de ses forces et de ses faiblesses, puis foncer, y croire, s’y consacrer pleinement et ne pas hésiter à cogner aux portes. » Et « les gens que je rencontre font partie de mon succès », précise-t-il.

theatrebiscornu.com

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