Édito

 

L’impressionnante œuvre de David Altmejd, The Flux and the Puddle, acquise par la Collection Giverny Capital et prêtée au MNBAQ pour dix ans, aura son espace réservé dans le pavillon Gérard-Morisset du Musée national des beaux-arts du Québec. David Altmejd, originaire de Montréal et vivant à New-York, est le sculpteur le plus connu et le plus convoité de sa génération à l’échelle internationale. Ses œuvres semblent se diviser en deux classes, soit l’une plus organique, où le rapport au corps humain est abordé par la monstruosité et la barbarie sophistiquée, et l’autre, d’un style architectural, où y « flottent » des objets et des personnages mythiques. L’œuvre sera un incontournable, véritable « musée à l’intérieur du musée ». Photo Gracieuseté du MAC
L’impressionnante œuvre de David Altmejd, The Flux and the Puddle, acquise par la Collection Giverny Capital et prêtée au MNBAQ pour dix ans, aura son espace réservé dans le pavillon Gérard-Morisset du Musée national des beaux-arts du Québec.
David Altmejd, originaire de Montréal et vivant à New-York, est le sculpteur le plus connu et le plus convoité de sa génération à l’échelle internationale. Ses œuvres semblent se diviser en deux classes, soit l’une plus organique, où le rapport au corps humain est abordé par la monstruosité et la barbarie sophistiquée, et l’autre, d’un style architectural, où y « flottent » des objets et des personnages mythiques. L’œuvre sera un incontournable, véritable « musée à l’intérieur du musée ». Photo Gracieuseté du MAC

 

La place de l’art dans les médias

BAZZART a dix ans! Voilà dix longues années que des amoureux des arts et de la culture « s’amusent » à fouiller les racoins de Québec pour dénicher des œuvres, des artistes et des pratiques surprenantes, parfois même déroutantes.

Ce travail, ou plutôt cette course à obstacles, a débuté en 2006, alors que se réunissaient une poignée d’étudiants et de jeunes professionnels d’horizons fort différents. Ils avaient en commun le désir de communiquer leur passion pour la culture LOCALE. Moi-même à l’initiative du projet, j’avais en effet constaté à plusieurs reprises la grande difficulté des artistes et des organisateurs d’événements d’obtenir un espace intéressant dans les médias pour faire connaître leurs activités.

À l’époque, l’idée de BAZZART était de faire le contrepoids de la pression médiatique qui venait de Montréal et de la culture télévisuelle. Le peu de place accordée aux arts locaux dans l’espace public était inquiétant. Pourtant, il y a bel et bien une effervescence insoupçonnée du côté des arts à Québec. Le hic : la grande majorité de la population l’ignore et a vraisemblablement peu de moyens pour le savoir. Qui plus est, l’absence des créateurs et intervenants dans les médias de masse leur donne par procuration la réputation de ne pas être intéressants.

Dans les débuts de BAZZART, nombreux étaient les intervenants annonçant une mort prématurée du projet, évoquant un manque de sujets à traiter. Dix ans plus tard, BAZZART doit constamment faire des choix déchirants, car les sujets abondent. Le constat est donc à l’opposé des paris.

Aujourd’hui, nous constatons que notre travail est toujours aussi pertinent et que BAZZART joue un rôle essentiel pour la culture locale et émergente. Si vous lisez la section des arts dans les journaux de masse, vous remarquerez que les nouvelles à sensations occupent la grande majorité de l’espace dédié aux arts. Vous pourrez tout savoir sur le mariage de telle personnalité, le prix de vente de tel objet de collection, la présence à l’international de tel artiste très connu, des bilans d’événements en chiffres et beaucoup de potins d’artistes du cinéma hollywoodien. Si vous êtes chanceux, vous trouverez les gagnants des prix littéraires québécois. Le sensationnel a pris le dessus de la nouvelle. L’artiste local qui veut attirer l’attention sur sa production originale – et souvent marginale – doit jouer du coude avec les annonces du Festival d’été, les rénovations de la Salle Albert-Rousseau ou encore les critiques du dernier X-Men.

Où se trouve donc la place pour l’Art? Je ne parle pas des infrastructures de diffusion, ni des événements qui divertissent. Quelle place accordons-nous à l’émotion, à l’artiste, aux œuvres? Voilà une question que je vous retourne, chers lecteurs.

Cœur de mailles