Édito

UN REMÈDE MIRACLE?

/ par Claire Goutier

Comment passer sous silence la « nouvelle » vague country-folk qui déferle au Québec?

Depuis près d’un siècle, le country et ses nombreuses branches croissent dans un monde parallèle. Pour beaucoup de citadins, la musique country suscite un certain… scepticisme, mais en réalité, le genre musical est adopté par une vaste communauté de mélomanes très actifs, mais discrets. En fait, selon Jean-François Gravel, notre photographe qui a travaillé dans une boutique indépendante de musique à Matane, « c’est probablement une des plus grosses industries de la musique, mais c’est un courant marginal. C’est l’underground #1 ». Il ajoute que « les ventes de disques clanchent celles de la scène indie et commerciale. » Le country occupe une faible place dans l’espace médiatique, mais le nombre d’adeptes va au-delà de ce que nous pouvons imaginer. « Parlez-en à Denis Champoux, le Rick Rubin de la country québécoise. C’est un monde incroyable de productions auto-produites et auto-distribuées. »

Ce qui est relativement nouveau, c’est l’intérêt des « jeunes » musiciens des centres urbains pour le genre. Suffit que l’un d’eux gratte quelques accords folkloriques pour que le plaisir de l’exercice devienne contagieux. Le country, c’est un peu maladif. Puis, bon an, mal an, le milieu se mobilise et fait maintenant un pas vers la professionnalisation du genre.

En général, les musiciens ne visent pas à impressionner l’auditoire par des prouesses académiques musicales, même s’il existe de grands virtuoses du genre. Il faut a priori que la musique vienne du cœur, qu’elle parle au cœur. Serait-ce le secret ? Ils font leur St-Tite affaire, sans artifice ou presque.

Le country, le western et le folk nourrissent quand même quelques stéréotypes : la chemise à carreaux, le jean serré, le chapeau de cowboy, les bottes de cuir, le ceinturon en métal. Et les occasions pour ainsi afficher ses couleurs ne manquent pas : le nombre de festivals qui organisent des soirées de danse en ligne est impressionnant. Il y a un public pour chacun d’eux, présent à tous les rendez-vous, à toutes les semaines de mai à novembre. Ça aussi, c’est impressionnant. Des plus populaires, comme le Festival Western de St-Tite, en passant les événements de camping, il y a assurément un rassemblement près de chez vous. Au bar du coin ou à peine à trente minutes en périphérie de la banlieue chic.

Toujours est-il que nos jeunes musiciens urbains attirent notre attention sur
le genre. Nous avons beau en rire :
le cowboy a la cote! Demandez à
Johnny Cash.

À la fois simple, accessible, accueillante et ouverte, la musique country, c’est une famille. C’est un changement d’air et un remède miracle contre la dépression. Il y a peut-être un peu de ça dans cette musique : de la joie de vivre!

Photo Kim Damboise
Photo Kim Damboise
Cœur de mailles