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Du talent à revendre

Jean-Paul Riopelle, Poussière de soleil, 1954. Huile sur toile, 245,2 x 345,3 cm. Coll. MNBAQ, achat par la Fondation du MNBAQ à la faveur d’une contribution spéciale du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Photo : MNBAQ, Idra Labrie © Succession Jean-Paul Riopelle / SODRAC (2013)
Jean-Paul Riopelle, Poussière de soleil, 1954. Huile sur toile, 245,2 x 345,3 cm. Coll. MNBAQ, achat par la Fondation du MNBAQ à la faveur d’une contribution spéciale du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Photo : MNBAQ, Idra Labrie © Succession Jean-Paul Riopelle / SODRAC (2013)

ÉDITO

 

Jean-Paul Riopelle, Poussière de soleil, 1954. Huile sur toile, 245,2 x 345,3 cm. Coll. MNBAQ, achat par la Fondation du MNBAQ à la faveur d’une contribution spéciale du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Photo : MNBAQ, Idra Labrie © Succession Jean-Paul Riopelle / SODRAC (2013)

Fernand Leduc, Triptyque ocre-violet-rouge, 1965. Huile sur toile, 195,4 x 291,6 cm. Coll. MNBAQ. Photo : MNBAQ, Denis Legendre © Fernand Leduc / SODRAC (2013)

L’envie de parler des arts visuels par l’entremise des collectionneurs remonte à quelques années déjà. Lever le voile sur cette industrie méconnue était tentant : le sujet est vaste et les découvertes sont garanties. L’idée est devenue réalité.

Nous avions tant de questions. Comment ça fonctionne, le marché de l’art? Qui en sont les principaux acteurs? Y a-t-il des réseaux d’acheteurs? Qui sont ces collectionneurs? Comment évalue-t-on la valeur d’une œuvre? Pourquoi y a-t-il une aura de mystère autour de la pratique? Comment s’y prendre? Ce n’était pas si simple.

C’est en février 2013, après avoir compris l’ampleur des efforts à y consacrer, que Caroline Houde, consultante en arts visuels et collaboratrice émérite de BAZZART, a accepté de s’atteler sérieusement à la tâche. Elle a fait un travail colossal : elle a multiplié les rencontres et les déplacements, allant même jusqu’en Beauce et à Bécancour. Avec tout ce qu’elle a récolté, il y aurait de quoi écrire un livre. En attendant cet ouvrage, nous vous proposons un dossier de quelques pages.

Vous êtes invités à lire cette introduction au marché de l’art et, ensuite, à creuser le sujet en allant à la rencontre de milieux florissants : visitez les galeries, suivez les artistes, participez aux événements. Pourquoi ne pas débuter par une première acquisition? Les arts visuels sont source de plaisirs, d’émerveillement. Ils remettent en question nos habitudes, nos croyances, recadrent nos idées, les heurtent les unes aux autres. C’est fascinant et intarissable.

Les arts visuels d’aujourd’hui ont traversé le mur du son. Les artistes sont nombreux à mixer plusieurs pratiques ou médiums : peinture, sérigraphie, performance, sculpture, métiers d’art, art audio, électronique ou numérique… L’art, c’est comme le reste : il se développe et il y en a pour tous les goûts. Vraiment. L’art nourrit autant l’intellect qu’il peut ravir l’œil, ce qui donne lieu à des rencontres qui transcendent notre vision artistique
et esthétique.

C’est normal d’en perdre des bouts quand nous sommes « touristes » en la matière, mais il existe des gens, des lieux et des publications pour faire le pont. Les artistes utilisent des supports plus ou moins traditionnels et ils s’appuient sur une démarche à la fois théorique et artistique, axée sur l’exploration de nouvelles expériences sensorielles.

Pour vous rassurer, je cite Nathalie Bondil, la directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal : « Il faut observer la réaction des enfants envers les arts visuels. Ils sont naturels, sans idées préconçues, spontanés, émotifs… Ce ne sont pas des «connaisseurs», ils aiment ou ils n’aiment pas, tout simplement. Les arts, c’est aussi simple que ça. »

Je vous souhaite de vous approprier une part de tout ce talent, d’aller à la rencontre de votre époque et de
vos sensations.

Cœur de mailles