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Collectif Dans ta face : Danse tout terrain

Geneviève Robitaille et Étienne Lambert, du collectif de danse Dans ta face/In your face. Photo Geneviève Robitaille.
Geneviève Robitaille et Étienne Lambert, du collectif de danse Dans ta face/In your face. Photo Geneviève Robitaille.

C’est lors d’un 5 à 7 improvisé que j’ai rencontré Geneviève Robitaille et Étienne Lambert, instigateurs du collectif de danse Dans ta face/In your face. Étant parfaitement néophyte dans le domaine, j’appréhendais un peu cette rencontre. Mais contrairement aux stéréotypes véhiculés, j’ai découvert une démarche simple, organique et passionnée qui invite au dialogue. Rencontre avec des créateurs sans prétention !

En guise d’entrée en matière, nous réglons directement le cas de l’appellation «danse contemporaine», qui nous vient inévitablement à l’esprit lorsque nous regardons leur travail. «On fait souvent l’amalgame», nous explique Étienne Lambert : «Danse contemporaine est un terme qui englobe toute la danse de création que l’on produit aujourd’hui. Dans notre cas, nous parlons plutôt de danse performance.» Cette danse performance implique que l’œuvre qui nous est présentée prend forme sur le fait, en improvisant sur un thème choisi. En ce sens, la démarche des différents intervenants et performeurs de Dans ta face se veut nécessairement collégiale, très loin du monde très hiérarchisé de la danse dans lequel le chorégraphe incarne la puissance divine : « Peu importe l’idéation, c’est le résultat qui compte », poursuit Étienne Lambert. En ce sens, cette forme de danse devient un moteur de communication entre les danseurs qui ne cherchent plus nécessairement à exprimer clairement une idée ou une esthétique. «Nous pourrions comparer ça à la musique instrumentale» m’explique-t-on : «Lorsque nous en écoutons, nous ne cherchons pas nécessairement à comprendre le sens. Nous nous laissons plutôt inspirer par les émotions et les idées qu’elle nous évoque.»

No Mans Land, la dernière création du collectif de danse Dans ta face. Photo Geneviève Robitaille.
No Mans Land, la dernière création du collectif de danse Dans ta face. Photo Geneviève Robitaille.

Contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, cette forme d’art en est une de proximité. Le nom du collectif représente bien cet état des choses. Loin de la formule agressive qu’il rappelle, il faut voir en ce nom le préambule des productions (par exemple : Dans ta face, dans ton salon sous-entend qu’ils vont performer dans ta face et ce, dans ton salon… ou dans ton école, ou dans ton usine…). «Ça évoque immédiatement la proximité et c’est surtout l’idée d’être près de quelqu’un ou de quelque chose, la possibilité d’un contact, d’une rencontre plus intimiste, qui nous inspire…» m’explique Étienne Lambert. En conséquence, outre les performances scéniques, la médiation culturelle prend aujourd’hui de plus en plus de place dans leur démarche. Elle représente évidemment la démystification de cette forme de danse auprès du public, mais aussi et surtout un formidable théâtre d’échanges et d’expérimentations formatrices pour le groupe. Cette direction artistique est présente dans tous les aspects du collectif. Que ce soit par le choix des collaborateurs issus de différents domaines artistiques, par la plateforme vidéographique, le blog ou les rencontres scolaires, le collectif fait sa marque et développe son art sur le terrain, loin des univers contrôlés et des formules éprouvées.

collectifdanstaface.com

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