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Chapeau de cowboy et bottes de cuir

Photo Courtoisie
Photo Courtoisie

Le vrai cowboy a déjà existé. Il était métis ou noir, sans arme et d’une classe inférieure. Un individu plutôt méprisé à cette époque, entre 1865 et 1890. Ce qu’il en reste, un homme courageux et libre. Chapeau, bottes et jeans en plus. Le cowboy vit toujours, surtout par son habillement sous influence cinématographique.

Le cinéma a mis au monde un cowboy loin de la réalité. Dès les débuts, le cinéma muet, en noir et blanc, installe la structure mythologique du costume. Selon Gabriel Rochette, enseignant à l’École de cinéma et de télévision de Québec, le déploiement de la tenue s’est opéré entre les bons et les méchants. Un habit utilitaire pour les uns et plus rude pour les autres. Jusqu’aux années 50, nous voyons toujours le même vêtement rudimentaire. Le jeans est absent. La chemise à carreaux aussi. Ils n’apparaîtront que plus tard.

L’indispensable chapeau large est en vérité un héritage du sombrero mexicain. Le bandana, autrefois ample foulard pouvant servir d’écharpe, est réduit à la taille d’un mouchoir. Les gants à crispins frangés, perlés ou brodés si populaires, et souvent captés sur les photos d’époques, se sont évaporés.

Le grand écran a transformé le cowboy originel en un héros populaire. Le simple ouvrier agricole existe d’une toute autre manière. Il est maintenant fort, habile et brave. La marque identitaire se pose alors aisément sur le spectateur.

Même si les westerns italiens ont apporté des vêtements plus noirs, il reste que le cowboy demeure avant tout un personnage au look authentique qui s’est répandu au-delà des frontières, et ce, jusqu’à aujourd’hui avec l’ascendance du grand écran.

L’ampleur du phénomène touche même certains designers. Jean-Paul Gaultier a proposé le look cowboy pour sa collection masculine printemps-été 2009. Quant à Émilie Bédard, elle arrive en 2012 avec un look country exclusif pour Madame Moustache, porté lors de récents concerts. En février 2014, lors de la New York Fashion Week, un intérêt est apparu pour les attributs de l’Ouest américain, se traduisant entre autres par le port du chapeau de cowboy revisité par les femmes, se mariant avec élégance à la robe de soirée noire. L’influence viendrait entre autres du côté de Madonna et du rappeur Pharrell Williams.

Ce n’est pas à la boutique virtuelle du Festival de St-Tite que nous risquons de dénicher le chapeau de cowboy rêvé. Tout au plus des casquettes colorées. Par contre, en visionnant quelques classiques cinématographiques, nous trouvons suffisamment d’inspiration pour s’approprier le style.

Le vrai cowboy a disparu. Mais après tout, sous une autre forme, il existe toujours. Au grand écran, certainement. Et ailleurs? S’il ne rôde pas près du saloon, l’addition de ces deux titres donne une piste à suivre.

Cœur de mailles