Accueil / 2014 - Vol. 8 No 4 / Quand les traditions rencontrent la technologie

Quand les traditions rencontrent la technologie

Photo Sylvie POTVIN
Photo Sylvie POTVIN

CHINE

/ par Élisa GAGNON

Dans le cadre d’un stage d’immersion culturelle, Élisa Gagnon est partie au printemps dernier vers la Chine où une famille de Yueyang l’a accueillie. Un immense territoire attendait de lui livrer ses secrets. Toutes les précautions pré-départ ne pouvaient la préparer à ce qu’elle a vécu dans ce pays aux mille couleurs contrastantes.

L’image de la Chine est remplie d’idées préconçues véhiculées par les médias : dragons, baguettes et bols de riz, arts martiaux et j’en passe. Mais cette société a évolué grandement depuis un siècle et elle est devenue beaucoup trop complexe pour être définie seulement par ces clichés. Je saisi l’opportunité de ce récit afin de vous faire voir d’une perspective nouvelle cette société en plein changement que traditions et technologies modernes animent.

Dès mon arrivée, cérémonies d’ouverture, discours et poignées de main officielles étaient au rendez-vous, le tout accompagné de thé, bien entendu. On m’a souhaité la bienvenue comme si j’étais une déléguée de la plus haute importance. À Yueyang, « petite » ville de cinq millions d’habitants, j’ai été étonnée par la modernité de l’appartement de mes hôtes. Rien à voir avec le logis rudimentaire que je m’étais préparée à découvrir. C’est en visitant leurs grands-parents à la campagne, à quelques kilomètres de la ville, que j’ai constaté le contraste entre la vie rurale et urbaine : l’une suit les dernières tendances à la mode, et l’autre, très rudimentaire, semble sortir tout droit du siècle dernier. Les membres de la famille élargie vivent tous sur les terres parentales. Les flancs de colline abritent même les sépultures des ancêtres. J’ai remarqué le souci qu’ils ont de prendre soin l’un de l’autre et l’importance qu’a la famille à leurs yeux.

Je m’étais promise de découvrir l’immensité de la Chine, et je l’ai fait. C’est lors de l’ascension inspirante du Huashan, montagne sacrée où vivaient jadis en ermite des moines taoïstes, que le meilleur était au rendez-vous. La satisfaction de gravir ce géant rocheux dans un décor quasi surréaliste m’a fait réaliser à quel point le monde est magnifique. Foulards rouges et cadenas ornent superstitieusement les rampes qui suivent les vieux escaliers abrupts de ce sanctuaire. Je suis allée au bout de mes limites dans cette montée spectaculaire, jusqu’à atteindre un des sentiers les plus dangereux au monde : le chemin de la mort.

J’ai rencontré des personnes formidables, ouvertes sur le monde, qui se permettent étonnamment de critiquer la gouvernance de leur pays. J’ai côtoyé la pauvreté. Néanmoins, j’ai aussi constaté l’essor d’une classe moyenne éduquée et tournée vers une prospérité future. J’y retournerais dans dix ans et je ne reconnaitrais pas les paysages grandioses tant le développement est rapide.

À mon retour au Québec, la ville de Fenghuang, ce trésor patrimonial qui m’a fait tomber en amour avec la Chine, a subi des inondations destructrices. J’ai une pensée toute spéciale pour les habitants, qui disposaient déjà de peu pour être heureux et qui réussissaient tout de même à afficher un sourire franc, éclatant et contagieux.

Cœur de mailles