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Biennale internationale du lin de portneuf – La valeur du travail

Photo : Nathalie Lavoie - 100 jours avec le lin de Nathalie Lavoie, au jour 18. Encre de Chine, graines de lin et vidéo.
Photo : Nathalie Lavoie -  100 jours avec le lin de Nathalie Lavoie, au jour 18. Encre de Chine, graines de lin et vidéo.
Photo : Nathalie Lavoie –
100 jours avec le lin de Nathalie Lavoie, au jour 18. Encre de Chine, graines de lin et vidéo.

Partenaire : Biennale internationale du lin de Portneuf

Du 20 juin au 27 septembre prochain, La Biennale internationale du lin de Portneuf (BILP) prendra d’assaut la région pour la sixième fois. Nous y retrouverons les œuvres de 23 artistes provenant de six pays, dont l’Argentine, la Belgique, les Pays-Bas et les États-Unis. Les artistes exploreront la notion de travail et promettent d’alimenter nos réflexions au sujet de sa valeur. La question touche autant le monde de l’art que d’autres sphères d’activités de la société.

Pour cette sixième édition, deux commissaires ont retenu l’attention du comité de direction artistique de la BILP : Lalie Douglas et Barbara Wisnoski. Ce sont elles qui ont développé le thème général de la programmation Métier et Mérite. « Nous souhaitons que les visiteurs trouvent dans le travail des artistes un écho à leur propre trajectoire », soutient Dominique Roy, directrice générale de l’évènement. Des questions à la fois pertinentes et récurrentes sont en effet à l’origine de la thématique : « Quelle valeur est accordée au travail ? Quels paramètres sont utilisés pour déterminer cette valeur? Qu’est-ce qu’un travail valable ? Quels critères définissent le travail artistique ? »

Le travail sera donc examiné sous toutes ses coutures dans les expositions de la BILP présentées au nord et au sud de la région, à Deschambault et à Saint-Raymond. Madame Roy souligne l’œuvre 100 jours avec le lin de Nathalie Lavoie, de La Baie, dont le titre fait référence aussi bien au cycle de croissance d’un plant de lin qu’aux 100 jours consacrés par l’artiste à la réalisation de son œuvre. Tributaire des règles qu’elle s’est imposées au moment de dessiner, la beauté de son travail réside autant dans la maîtrise graduelle du geste que dans les failles — erreurs ou variations — qui surgissent au fil des répétitions. Meghan Price, une artiste de Montréal, érige des colonnes apparemment sans fin de tissus imprimés bien rangés associant « l’éternelle répétition des tâches domestiques à l’échelle démesurée du temps géologique », confie la directrice, déjà séduite par l’œuvre. Elle nous parle du même souffle de l’œuvre d’Héloïse Audy, de Sutton, qui joue avec des mots qu’elle installe dans le paysage et qui disparaissent du champ de vision selon l’angle où le spectateur se trouve. Ces mots ont la caractéristique d’être en voie de disparition, comme le sont les métiers auxquels ils se rattachent (tissage, drave, charbon). Plusieurs autres œuvres seront ainsi présentées, utilisant toutes sortes de matières pour arriver à tisser une réflexion pertinente autour du thème.

Pour la première fois, les organisateurs invitent simultanément huit artistes à réaliser leur œuvre sur place lors d’une résidence de 12 jours. Étroitement liées à la thématique proposée, ces résidences sont un complément pertinent aux expositions, tant pour les créateurs qui pourront montrer leur travail, que pour les visiteurs qui le découvriront. « Le travail que fait l’artiste est souvent méconnu, invisible, mais une œuvre n’apparait pas par magie », précise madame Roy. « Pour créer une œuvre, il faut de l’imagination, du temps, des connaissances, de la patience, des efforts et… un brin de folie. » Des moments sont réservés entre le 8 et le 20 juin pour les visiteurs curieux d’échanger avec les artistes.

En plus des installations et de la résidence, la BILP aura le plaisir de présenter des performances. Elles auront lieu le 20 juin, à l’ouverture des expositions. Les performances seront captées et rediffusées en boucle tout au long des expositions.

La BILP est un évènement d’art contemporain qui présente des artistes d’ici et d’ailleurs. Les artistes invités touchent aux arts visuels, aux métiers d’art ou au design. La biennale se distingue par sa volonté d’amener l’art contemporain en région en utilisant des lieux patrimoniaux pour mettre en valeur les œuvres. L’église de Deschambault, le Moulin de La Chevrotière, l’église de Saint-Raymond ou encore la chapelle Thiboutot accueillent les expositions. Malgré tout ça, la plus grande singularité de la BILP réside dans le lien qu’elle entretient avec son thème central : le lin. (Voir Les arts contemporains à l’honneur, page 30, numéro Hiver 2014 [Art textile].)

La BILP promet de beaux moments à ceux qui oseront s’aventurer hors des centres urbains. S’il vous fallait une excuse pour une sortie en région, la voici servie sur un plateau d’argent!

Cœur de mailles