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Appuyer la création

Andréanne Jacques, Laboratoire d’exploration, Vue de l’atelier de gravure, 2013. Photo Marion Gotti
Andréanne Jacques, Laboratoire d’exploration, Vue de l’atelier de gravure, 2013. Photo Marion Gotti

Partenaire : ENGRAMME

Andréanne Jacques, Laboratoire d’exploration, Vue de l’atelier de gravure, 2013. Photo Marion Gotti

Une force tranquille anime la petite équipe d’Engramme, un centre d’artistes qui célébrait ses 40 ans l’an dernier. Son champ d’activité gravite autour de l’estampe, ou art imprimé, une discipline plutôt méconnue du grand public. Évoluant dans le domaine des arts visuels actuels, Engramme s’impose comme l’une des seules entités collectives de la région de Québec à offrir ces services et ces ressources techniques pointues.

Équipements et magasin spécialisés, espaces de travail, salle d’exposition, formations, résidences, réseau de contacts à l’international… L’ensemble appuie la création des artistes de Québec. Voilà la clé du succès de ce centre branché sur son époque desservant plus de 135 membres, des artistes professionnels.

Ni plus ni moins qu’un travail de moine, l’estampe apparaît dès les débuts de l’imprimerie, au 15e siècle. Aujourd’hui, elle se décline en quatre branches distinctes, soit la sérigraphie, la lithographie, la gravure et l’estampe numérique. La différence principale réside dans le choix du support d’impression (matrice ou empreinte), mais le principe de base demeure le même : l’image est dessinée ou gravée dans la pierre, dans du bois, sur une toile de soie ou sur du métal. Une encre est ensuite appliquée sur la matrice, couleur par couleur, et imprimée sur un support au choix du créateur (papier, bois, tissu, etc.). Au final, une œuvre se dévoile.

Diane Fournier, directrice artistique et administrative de l’organisme, explique qu’Engramme se réapproprie la discipline en toute liberté. « Les centres d’artistes ont le mandat de renouveler les disciplines et les manières de créer, puis d’encourager la recherche », précise-t-elle. Ce qui distingue la pratique de l’estampe québécoise, c’est son décloisonnement et son emploi en hybridité. Les artistes d’ici sont inspirés par l’architecture, le design, les arts de la rue, et par toutes les autres disciplines des arts actuels. Ils se réapproprient le principe d’imprimerie pour leur propre créativité. Avec l’explosion des technologies, les créateurs ont besoin de réinventer les manières de faire. C’est un retour au lien social; ils ont besoin de sentir les choses. Ils reflètent ce qui se passe autour d’eux.

Les principes qui guident la jeune directrice du centre sont axés sur le partage et les opportunités d’ouverture. Elle est soutenue par un comité de programmation, un jury qui se penche sur les projets de résidence et de diffusion. Engramme entretient des relations avec des centres situés en Irlande du Nord, en Belgique, en France, en Écosse et au Mexique, pour ne nommer que ceux-là. Le principe de réciprocité est palpable et s’applique surtout dans les échanges de résidence et d’exposition.

En estampe, les équipements sont volu-mineux et dispendieux. L’union devient le salut. Les regroupements sont des « milieux de partage où les gens viennent se ressourcer, puis réinventer. C’est stimulant. Le centre est un incubateur qui génère une réflexion globale sur un milieu », soutient la directrice.

Galerie Engramme

510, côte d’Abraham, Québec (Québec)

Cœur de mailles