Accueil / 2007 – Vol. 1 No 4 / Apprendre à se cultiver

Apprendre à se cultiver

Édito

Voilà plus de cinq ans que je suis active au sein du milieu culturel de la Capitale, notamment dans le monde du cinéma. J’’y ai fait de telles découvertes! Un monde fascinant de couleurs, d’’idées, de formes, d’énergie créatrice… Honnêtement, il y en a tellement que je ne sais pas où donner de la tête. Et ensuite, ce qui saute aux yeux : les artistes et leurs œuvres sont parfaitement inconnus…! Ou si peu : par leurs amis et une poignée d’irréductibles fidèles.

Je me suis interrogée sur le fait que nos artistes n’ont pas meilleure presse: deux ans à enquêter et à réfléchir sur la forme que prend l’art dans la Capitale, sa présence et sa réception. Je me suis cognée le nez à un problème de taille : difficile de rejoindre les gens et de les intéresser à la culture d’ici. Expliquant mollement le phénomène, le discours des spécialistes et des artisans semble être le même depuis plusieurs années, trouvant écho dans les colloques et séminaires où paroles admirables et hochements de têtes affirmatifs font belle parure. La solution est simple et facile pourtant : « il faut démocratiser la culture » entend-on à l’unisson.

Pour ma part, j’entrevois une autre explication. On s’entête s’acharne à vouloir démolir nos artistes et à dénigrer notre culture. De manière inconsciente, par imitation ou recherche de controverse. C’est qu’être positif et enthousiaste n’est pas à la mode ici.

Il semble naïf de croire que les médias de masse vont assumer à plein régime leur rôle de diffuseur, à quelques exceptions près. Il est vrai que nous remarquons un léger engouement pour tout ce qui est émergent – terme particulièrement à la mode auquel Bazzart emboîte volontairement le pas – mais certains faits nous prouvent que tous les professionnels de la communication ’n’ont pas les aptitudes pour couvrir le domaine des arts, si vaste et complexe à la fois. Certains se souviendront de la critique mal construite d’un journaliste du ” Voir ” concernant l’ œuvre de M. Yves Tremblay au Lieu. Le litige ne vient pas du fait que le journaliste apprécie ou non l’ œuvre en question, ce qui est légitime, mais de ses commentaires qui laissaient clairement voir qu’il lui manquait tout un pan de connaissances de base pour appuyer ses propos arbitraires. Dans son papier, la seule démonstration qu’il a su faire était celle qu’il ne possédait ni l’intérêt ni la formation pour être journaliste culturel. La pointe de l’iceberg?

Nous disions donc démocratiser la culture? Il reste l’école. Il est malheureux que les discours séduisants trouvent difficilement les ressources humaines nécessaires à la mise en application des nobles projets. Faute de motivation? Certains s’activent dans le silence, les plus motivés continuent à « bûcher » comme on dit, mais il faudrait plus : un revirement solide des modes de fonctionnement dans les institutions scolaires pour arriver à des résultats concrets.

Pour vous montrer que tout n’est pas perdu, que nos jeunes peuvent avoir accès à la culture malgré les imperfections du marché, que l’’art a sa place et que le milieu culturel est appuyé par bon nombre d’’’entrepreneurs, nous vous présentons des individus et des entreprises qui travaillent d’’’arrache-pied pour la relève. Découvrez ces personnalités qui s’’’affairent à remettre de l’’’ordre dans le système et les valeurs, aux bonnes places. ■

Cœur de mailles