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Antitube : stimuler l’imaginaire

« Chaque artiste se construit par la somme de ses expériences personnelles » David N. Bernatchez Photo Jean-François Gravel
« Chaque artiste se construit par la somme de ses expériences personnelles » David N. Bernatchez
Photo Jean-François Gravel

/ par Raymond POIRIER

  1. Fabrice Montal et un groupe de passionnés du 7e art mettent en place Antitube. Objectifs? Diffuser cinéma d’auteur et cinéma international à Québec – films marquants et oubliés – et créer un dialogue entre les productions d’ici et d’ailleurs. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, avec plus de 160 événements à son actif, l’organisme sans but lucratif à l’origine du Festival de cinéma des 3 Amériques ne semble pas vouloir s’arrêter, bien au contraire!

Au cœur des visées d’Antitube, on parle de découverte. Appréhender le produit à l’écran, certes, mais aussi le mettre en relation avec son histoire et son contexte. « Le cinéma, actuellement, est dans une logique d’immédiateté qui fait qu’on en vient à oublier l’héritage des films. Nous, on cherche à les placer dans l’histoire du cinéma, au-delà de leur mise en marché. On cherche à voir quelle est la vision du cinéaste, qu’est-ce qui a amené à un certain film à un moment précis », explique le directeur artistique d’Antitube, Guillaume Lafleur. Bref, donner accès au public et aux auteurs à une culture cinématographique, dans un contexte d’éducation et de discussion. « L’histoire des arts audiovisuels n’est pas enseignée avant l’université, ce qui fait que, souvent, les gens ne connaissent pas leurs classiques et passent leur enfance, leur adolescence, à voir des films sans pouvoir les situer dans l’histoire de ce médium. »

Au fil des années, Antitube a offert nombre d’événements de façon indépendante, mais il a également multiplié les occasions de s’associer avec d’autres partenaires et de faire des ponts entre le cinéma et d’autres médias. : Mois Multi, Carrefour international de théâtre de Québec, Festival de la BD francophone, Manif d’art. « C’est que le cinéma est un art qui est au confluent de tous les autres, de la littérature, via les scénarios, en passant par le théâtre, avec ses dialogues, jusqu’aux arts plastiques, dans la réflexion liée aux plans et contre plans, par exemple », poursuit Guillaume Lafleur. L’interdisciplinarité est au cœur de la démarche d’Antitube, au même titre que la rareté et la qualité d’un film sont au cœur des choix qui animent sa programmation. Les films qu’offre l’organisme ont souvent été peu ou pas diffusés, permettant ainsi à Antitube d’osciller entre classiques oubliés et avant-garde en pleine émergence.

Nécessairement, la diffusion de ces œuvres marquantes a son impact. Vocations de cinéphiles… ou de créateurs. « Chaque artiste se construit par la somme de ses expériences personnelles », lance le réalisateur des courts métrages Temps morts et Kalindula, David N. Bernatchez. Son inspiration, il l’a trouvé notamment chez les cinéastes québécois et canadiens diffusés par Antitube. Des découvertes qui ont marqué son travail d’écriture, voire sa création, tout simplement : « C’est par ces ancrages-là qu’Antitube a contribué à me nourrir très fortement. Ils se sont avérés, dans ma perspective, les fondements du cinéma d’ici, et cela, toujours en lien avec le cinéma international ». Au final? Un travail important accompli à l’organisme. Œuvre de diffusion, oui… mais, peut-être, surtout, d’inspiration.

Quelques réalisateurs diffusés par Antitube :

Robert Morin · Norman Mclaren · Claudie
Gagnon · Eduardo Menz · Kiwistiti

Cœur de mailles