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Québec, ambassadrice du graffiti

Photo © Geneviève Larivière
Photo © Geneviève Larivière

Par Marie-Ève ROY

Les artistes du graffiti sont choyés. La Capitale-Nationale est la seule agglomération au Québec où l’on retrouve une zone légale dans la ville pour les graffitis. Cette situation rend d’ailleurs les projets plus unis et de meilleure qualité.

« Il y a 11 ans, j’ai vu mon premier graffiti sur le mur de mon école. Il avait plutôt l’air d’un tag tout croche. Croche, mais complexe! » C’est ainsi que Sunrise, artiste du graffiti, a vu naître sa passion pour cet art controversé. Après s’être demandé comment on pouvait faire des signatures aussi élaborées et intrigantes, il n’a jamais cessé de s’exprimer par ce médium : il a carrément eu la « piqûre ».

À la fois significatif et rassembleur, le graffiti est bel et bien un art urbain. Ces illustrations communiquent de vives émotions. Les jeunes artistes passent beaucoup de temps dans la rue et la vision qu’ils ont de celle-ci se reflète nécessairement dans leurs œuvres. Mais pourquoi ce moyen plutôt qu’un autre? Tout simplement parce qu’en plus d’être exposé à la vue de tous, un lien très fort se crée entre les pratiquants. Les graffitistes ont aussi des contextes de création particuliers. Les intempéries et le respect des autres sont autant de contraintes à prendre en considération; le simple fait d’avoir un espace qui leur est réservé leur facilite la vie puisqu’au moins leur travail s’effectue toujours au même endroit.

Leur zone est située sous les échangeurs de l’autoroute Dufferin-Montmorency. « Ce lieu est une place de choix puisqu’il est vu par beaucoup de gens », raconte Sunrise. Cependant, l’été dernier, plus d’une quinzaine de personnes n’ont pas pu pratiquer légalement leur style artistique. La zone est fermée en raison des travaux. Et elle le sera apparemment encore l’été prochain.

À la Ville de Québec, on assure que l’emplacement sera à nouveau disponible dès la fin des travaux. De plus, il y aurait des pourparlers à l’effet que d’autres zones puissent éventuellement être autorisées. À voir le succès des échangeurs, l’expérience mérite d’être répétée!

Cœur de mailles