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État des lieux : le country s’examine

 

Photo Kim Damboise
Photo Kim Damboise

En février dernier, 21 travailleurs du milieu country se sont rassemblés pour discuter de l’état de leur secteur d’activité. Ils ont fait des constats, qui les ont menés vers le début d’une démarche, prise en charge depuis par des acteurs de ce même milieu : des directeurs musicaux, des musiciens et musiciennes et des gérants d’artistes. Un virage s’amorce.

Cette rencontre, initiée par Culture Country, est une démonstration de l’intérêt des musiciens, en grande majorité des auteurs-compositeurs-interprètes, à se mêler au reste du monde de la musique. Ils veulent entendre leurs ballades jouent à la radio; ils demandent une juste part de la scène lors des événements majeurs, ainsi qu’une partie du financement public disponible.

Mais ce n’est pas simple, il faut savoir où le bât blesse. Les principales problématiques qui ont été identifiées sont liées à la désorganisation du secteur, ou plutôt à l’absence de structure. Selon les principaux intéressés, s’il y avait une organisation structurée derrière eux pour les aider à se faire reconnaître, il leur serait plus facile d’aller chercher du financement et de s’entourer de professionnels issus de l’industrie de la musique, comme des attachés de presse, des producteurs et des agents de spectacle.

Selon eux, une meilleure organisation du milieu permettrait également d’augmenter la qualité des productions d’albums. Ceux-ci sont trop souvent qualifiés de « médiocres » par leurs pairs, mais aussi par les diffuseurs radio. Les musiciens country pensent que les radios lèvent le nez sur leurs productions – même si elles sont décentes — parce les programmateurs d’émissions mettent « tous les artistes dans le même bateau ». Ce faisant, les chances de jouer sur les ondes frôleraient le zéro. À cela s’ajoute une perception plutôt négative du genre de la part de l’industrie de la musique pop, liée aux préjugés et stéréotypes entretenus à l’égard du country.

Le compte-rendu de la première rencontre du milieu de la musique country pointe du doigt les humoristes, qui occupent de plus en plus les salles de diffusion depuis les dix dernières années, laissant moins de places pour la chanson. C’est faire fausse route que de réduire l’ampleur de la problématique que connaît l’ensemble de la musique vivante à ce seul responsable, mais cela demeure une réalité : les diffuseurs veulent faire leurs frais et l’humour est un farouche compétiteur.

Que faire? Se remonter les manches et plancher sur des solutions ! Un regroupement est en train de voir le jour. Des rencontres sont prévues pour veiller aux besoins de l’industrie du country et les actualiser. L’organisation souhaite pouvoir avoir accès à des subventions, mais aussi former ses membres sur plusieurs aspects pertinents. Le but ultime est d’atteindre un niveau de professionnalisme espéré depuis longtemps : les musiciens country veulent travailler ensemble pour bâtir un country plus fort. BAZZART prête main-forte à cette démarche en offrant à ses lecteurs – vous êtes plusieurs milliers – une initiation au country. Il y a matière à se cultiver autant qu’à se divertir !

Cœur de mailles