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À vos micros!

 

Ça y est, Québec aussi possède ses soirées de Slam! Depuis janvier 2007, des soirées de Slam poésie, organisée dans le cadre de la LIQS – Ligue Québécoise de Slam – ont lieu les troisièmes mercredis à la galerie Rouje. Ainsi est né le groupe Slamcap, suscité par la rencontre d’Ivy, fondateur de la LIQS avec André Marceau du Tremplin d’actualisation de poésie (TAP). Y emboîtant le pas, Jonathan Guay, animé par l’énergie suscitée par le mouvement, organise des slams session (hors tournoi) du récent Slam Club tous les premiers lundis du mois à La Ninkasi. Le message est clair : poètes, prenez la parole. Le micro vous appartient!

Cette compétition poétique…

Lors de ces évènements, des artistes de tout acabit se relaient sous les projecteurs armés de leur voix et de leur désir d’expression, avec ou sans leurs feuilles chiffonnées. Leur but est de rejoindre le public et gagner ses bruyantes faveurs. Un combat de mots? «Non, ça prête à confusion avec les combats de RAP. Il n’y a pas de combat : il s’agit d’une performance livrée au public», rappelle l’illustre Ivy. Pour le spectateur, le Slam, ce sont des mots qui claquent, qui frappent, ponctuant les idées. Ce sont des mots qui nous percutent et bousculent, criés, chantés ou susurrés. Qu’ils nous transpercent ou qu’ils nous bercent, ces mots sont pour la plupart porteurs de réflexion et ne nous laissent pas indifférents.

Les règles

C’est fort simple. L’interaction du poète avec son public est un des points centraux du Slam poésie. Ainsi, tous les textes doivent être originaux. Le temps alloué au micro ne doit pas excéder trois minutes. Et aucun outil ou instrument de musique n’est accepté sur scène. Mais le plus important de tout est que «la performance est évaluée par cinq juges choisis au hasard dans le public. Il y a deux rondes. Une première où tous se produisent et une seconde où seulement les cinq plus haut au pointage ont accès. Un gagnant sort et il se rend en finale à la fin d’une année.»

Son fondateur

Nul autre qu’Ivy, un gars originaire de Québec maintenant à Montréal. Il roule sa bosse depuis plus de 15 ans comme poète et auteur-compositeur-interprète. Un mordu des mots et de la chanson «mais surtout, amoureux du changement : pour moi, l’art véritable doit changer la vie. Je ne vise pas une carrière artistique, mais une plus grande influence de l’art en société et à ce titre le SLAM qui ramène les poètes dans la Cité (voir Platon) est l’expression la plus fidèle de ce en quoi je crois et aspire ».

Il a lui-même découvert le Slam en 2004 lors d’une visite à Ottawa dans le superbe rôle d’artiste invité. Il a eu la piqûre. Inconditionnel de l’expression orale, il propage sa flamme avec plusieurs autres amoureux du verbe de la métropole et de la Capitale. «En plus de Slamontréal, j’ai ouvert la première scène de slam poésie régulière, fondé la LIQS et j’emmène aujourd’hui le slam sur les scènes musicales (Festival de Tadoussac, Spectrum en première partie d’Abd-Al-Malik). J’organise les premières finales (notre premier grand slam à nous dans le cadre du FIL en septembre). De plus, je vais représenter le Québec à la coupe du monde en juin. Enfin, j’arbitre les litiges au sein du slam et je détermine sa direction», ajoute-t-il sans prétention. Visitez son site Internet pour en savoir davantage www.ivycontact.com.

Finalement, petit historique de la Slam poésie

Évidemment, chaque nouveauté vient avec son parcours particulier. Le Slam poésie est né à Chicago dans les années 1980. «En anglais, SLAM POETRY signifie schelem de poésie, comme on parle de petit et de grand schelem dans les tournois de rugby et de bridge» (www.slameur.com). Le courant a pris de l’ampleur et s’est étendu très rapidement au reste des États-Unis et à l’Europe. Au Québec, c’est seulement depuis l’automne dernier que le Slam existe, grâce à la fondation de la ligue Slamontréal. ■

Poètes, prenez la parole.

Cœur de mailles